"Il n'y a pas de raison de créer la panique": témoignage d'un médecin dans une maison médicale à Verviers
Rassurer les patients,c'est la mission principale actuelle de la maison médicale Le Brasero, à Verviers.

- Publié le 05-03-2020 à 06h00

Parmi les lieux d'accueil confrontés au coronavirus, il y a aussi les maisons médicales. À Verviers, Le Brasero, implanté rue du Palais, fait face contre son gré à l'épidémie. "Nous n'avons pas été confrontés à un cas suspect ou pouvant être relié au coronavirus, explique le docteur Alain Straet. Maintenant, des symptômes de fièvre et de toux, c'est classique en cette saison. Face au tapage médiatique qu'on entend ces derniers jours, certains sont plus inquiets mais ce qu'il faut garder en tête, c'est que le but est de freiner l'épidémie. Nous avons donc deux missions: appliquer les mesures d'hygiène indiquées par le ministère et surtout rassurer les patients."
Tri par téléphone
Car il est là aussi le rôle du médecin, écouter et rassurer. Même si la maison médicale ne connaît pas de rush intensif lié au coronavirus, les précautions d'usage veulent aussi que le médecin pose la question d'un éventuel contact avec le covid-19, via une personne infectée ou à cause d'un voyage dans une zone à risques. "Mais on n'est pas dans la psychose du tout, poursuit Alain Straet. On fait ce qu'il faut et on ne nie pas les faits. Si les médecins commencent à stresser, ce sera la panique et à l'heure actuelle, il n'y a pas de raison de créer la panique."
Pour éviter tout risque de contamination, les patients sont reçus après une prise de rendez-vous par téléphone. "Cette discussion au préalable permet de prendre la mesure de l'état de santé, dit Alain Straet. On pose des questions plus ciblées sur la fièvre, sur d'éventuels voyages en zones à risques. Et soit on fixe un rendez-vous au patient; soit on décide d'envoyer le médecin au domicile. Mais le tri se fait au téléphone. On n'est pas à l'abri d'un patient qui viendrait directement à la maison médicale mais dans ce cas, s'il est suspect, on lui demandera de porter un masque et on désinfectera les lieux après son passage mais ce n'est pas encore arrivé."
