TOURNAI

VIDÉOS | Le voyage du père et de sa fille transgenre sur l’écran du Tournai Ramdam festival

En Belgique, les transgenres représentent environ 3% de la population. Mais ce thème n’est, dans le film de Laurent Micheli, Lola vers la mer, en définitive qu’un prétexte pour attirer l’attention sur la nécessité de respecter les minorités. La fiction met aussi en exergue les difficultés des relations père-fille quand l’un n’accepte pas les choix de l’autre.

Au moment où «Lionel» apprend qu’une opération lui permettra d’endosser enfin sa véritable identité en devenant Lola, sa mère décède. La jeune transgenre retrouve alors son père qui n’accepte pas sa différence mais avec lequel, elle va entreprendre un voyage jusqu’à la mer pour disperser les cendres de la défunte conformément à ses dernières volontés.

Repris dans la catégorie «Ramdam belge de l’année», Lola vers la mer est le second long métrage du Bruxellois Laurent Micheli. Une fiction particulièrement réussie mettant à l’avant-scène deux caractères forts: le père incarné par un acteur confirmé, Benoît Magimel, et la fille, jouée par une jeune transgenre de 23 ans, Mya Bollaers, dont c’était le premier rôle, mais vraisemblablement pas le dernier. «J’insiste sur le fait que ce film n’est pas l’histoire de Mya, expliquera Laurent Micheli à l’issue de la projection. Le scénario était écrit bien avant que le casting ne soit réalisé. Mais il est évident que personne, mieux que Mya, ne peut connaître cet univers de la transidentité…»

VIDÉOS | Le voyage du père et de sa fille transgenre sur l’écran du Tournai Ramdam festival
Laurent Micheli, réalisateur de Lola vers la mer et Éric Derwael, commissaire général du festival EdA

Pour l’écriture du scénario, le réalisateur s’est aussi nourri des nombreux contacts entretenus avec des associations comme le Refuge qui a pour objet de prévenir l’isolement et le suicide des jeunes LGBT victimes d’homophobie ou de transphobie et en situation de rupture familiale (à découvrir en cliquant ici). Ou encore Transkids, la première association belge francophone spécifiquement dédiée aux enfants et jeunes trans de moins de 20 ans, et à leurs parents (cliquez ici pour découvrir cette association).

En Belgique, les trans représentent environ 3% de la population. Mais ce n’est ici en définitive qu’un prétexte pour attirer l’attention sur la nécessité de respecter les minorités. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, lors de leur périple vers la Côte, père et fille font halte, malgré eux, dans un bordel où ils se retrouvent confrontés à la réalité d’une autre minorité avec laquelle ils n’ont en réalité rien à voir. «Il y a une forme de solidarité entre les différentes minorités, précise Laurent Micheli. On se rend compte qu’il y a de l’humanité dans chacune d’entre elles, tout est question de la manière dont nous posons notre regard sur elles…»

La transidentité n’est pas le seul thème abordé par le film qui met aussi en lumière la difficulté des relations père-fille (que le premier considère toujours comme son fils), le deuil. En un mot: la vie.

Côté technique, le film a été tourné en 4/3 plutôt qu’en 16/9 de manière à se concentrer davantage sur les personnages. On y retrouve les paysages connus de la Côté (dont la Panne) et du Brabant Wallon avec notamment l’église de Rebecq.

La Wallonie picarde est aussi présente dans le casting avec le jeune Cominois Thao Thao Maerten qui joue le rôle de Lola enfant. Que l’on peut retrouver dans cet article qui lui est consacré en cliquant ici.

Le film sera encore à l’affiche du Ramdam, à Imagix Tournai, ce samedi 25, à 9 h.