Dimitri Lavalée: "Quand le train passe, il faut s'agripper"
Dimitri Lavalée, qui vit sa 16e année au Standard, s'est (enfin) fait une place au soleil du noyau A, cette saison. Pourtant, ce n'était pas gagné en juillet.
- Publié le 11-01-2020 à 07h00

C'est l'invité surprise de la saison. Titulaire trois fois en championnat, deux fois en Coupe de Belgique et une fois en Coupe d'Europe, Dimitri Lavalée a réussi à tirer profit des circonstances pour se tailler une part honorable du gâteau. On ne dira pas qu'il était temps, mais à 22 ans, le Soumagnard ne pouvait plus trop traîner et il le sait. "Ça signifie beaucoup pour moi, de porter ce maillot, c'est clair. Le Standard, c'est chez moi. Je suis ici depuis que j'ai six ans, je connais tout le monde. Maintenant, est-ce que j'étais surpris de jouer autant? Oui et non. En juillet quand je reviens de ce prêt à Maastricht, je sens que la préparation se passe bien. Et le staff me le fait comprendre aussi. C'est pour ça que je choisis de rester même s'il y avait des possibilités ailleurs. Mais avec les arrivées de Noë (Dussenne), je suis devenu cinquième dans la hiérarchie et je ne me disais pas que j'allais jouer sept matchs d'ici janvier."
Retour en U21 sans broncher
Il ne le nie pas: il ne s'attendait à ne pas disputer le premier tour de Coupe de Belgique, contre une D1B, Lommel. "Ça a été une petite déception, oui. Je pensais que ça aurait pu être le bon moment. Mais je n'ai pas lâché." Ni quand il a dû aller jouer quelques matchs avec les U21, d'ailleurs, malgré une préparation estivale plutôt intéressante. "Je ne me suis pas posé de questions, assure-t-il. Je me disais qu'il ne faut pas vivre avec des regrets. Si ça passait par la case U21, c'était comme ça et il ne fallait pas y aller avec des pieds de plomb."
Au final, les blessures de Bokadi et Dussenne, puis celle de Vanheusden lui valent une grande première, à Francfort en prime, où il s'en tire plus que bien. "Le fait d'avoir joué dans le stade de Twente avec Maastricht m'a aidé à gérer mes émotions. J'ai essayé de transformer ce petit stress en énergie positive. Et je n'ai pas voulu penser à ce qui aurait pu mal tourner, non." Car on n'a qu'une fois l'occasion de faire une bonne première impression, et les choses auraient pu moins bien se passer. "Parfois ça ne tient qu'à un fil. De toute façon, je me disais que, tôt ou tard, la chance allait arriver. Parfois il y en a plusieurs, parfois il n'y en a qu'une. Quand le train passe, il faut s'agripper. J'y suis arrivé et ça fait énormément de bien. C'est pour ça aussi que mon année passée en prêt à Maastricht a été très bonne. J'ai bien fait de sortir de ma zone de confort, où j'étais peut-être un peu trop bien assis. D'aller dans un nouveau club, dans un autre pays, sans être trop loin non plus. Et de me frotter à des hommes, plus des U21."
Le triangle d'or
Cerise sur le gâteau pour le gaucher, il a pu former l'axe défensif avec Zinho Vanheusden, devant un troisième produit de l'Académie: Arnaud Bodart. "C'est encore plus spécial de jouer avec Arnaud, avec qui on était en U13, 14 et 15. Et aussi en U21, comme avec Zinho. C'est peut-être un exemple pour des jeunes de l'Académie qui se posent parfois pas mal de questions ou sont impatients, ce qui est dommage. Si j'avais manqué de patience, je ne serais pas ici aujourd'hui. Former le triangle de jeunes de l'Académie, ce n'est pas souvent qu'on voit ça." Et ça pourrait constituer l'axe du futur des Rouches, si Kostas Laifis venait à partir et que Lavalée confirmait qu'il a le niveau pour s'installer dans la durée.

