Le sanglier au prix de la biche
Face au prix élevé de la viande de sanglier, pourtant en surabondance, comment valoriser le gibier d'origine wallonne?

- Publié le 12-12-2019 à 06h00

Philippe Courard a fait ses courses. Et chez le boucher comme en supermarché, le prix du sanglier a affolé le député socialiste. "Les beaux morceaux comme le civet, c'est phénoménal.Parce qu'on est dans la fourchette de prix d'autres gibiers réputés beaucoup plus rares." Comme la biche, par exemple.
"Un bas morceau de sanglier est vendu parfois plus d'une vingtaine d'euros le kilo. Les bouchers disent qu'ils sont obligés d'acquérir le sanglier via certaines filières à des prix élevés. Dans les supermarchés, la viande de sanglier en vente vient souvent de Pologne. C'est choquant, dans une région qui connaît la pauvreté, où des personnes n'ont pas les moyens d'accéder à la viande, alors que le sanglier est présent à profusion chez nous."
Au point qu'il faut les abattre, comme on sait, pour réduire la surpopulation. "On les abandonne parfois sur le sol dans la forêt. Ou bien on les donne. Quand on ne les enterre pas…" Ce qu'il espère, ce qu'il recommande au gouvernement wallon, c'est un mécanisme qui permettrait d'écouler les sangliers à un prix accessible à tous les consommateurs wallons.
Pourquoi pas un label?
Le ministre de l'Économie (et de la chasse) Willy Borsus considère lui aussi que la situation est paradoxale: " Il y a une différence de coût entre la viande importée et la viande locale. Pourtant, nous intervenons à concurrence de 70€ par sanglier livré à un centre de découpe et de commercialisation."
Face aux filières qui inondent le marché, Willy Borsus veut mettre en place un système qui permettrait de valoriser la viande locale. " Un label "gibier wallon" ou "gibier d'Ardenne"? On doit y réfléchir. Je souhaite rassembler assez vite les interlocuteurs concernés", annonce-t-il en séance plénière du Parlement wallon.
Par contre, il dit ne pas avoir connaissance de pratiques de chasse où le gibier est abandonné ou enterré. "Si ça existe, c'est répréhensible ".
