CHR Sambre et Meuse: du flou autour de la présidence
Ça bouge dans les coulisses des CHR Sambre et Meuse.Le Fossois Gilles Mouyard y débarque comme administrateur "surprise". Un 1er pas vers la présidence?
- Publié le 22-06-2019 à 00h00

Étienne Allard (MR), Sandrine Bertrand (cdH) puis Christophe Sevenants (PS). Voici les trois personnes qui, ces neuf derniers mois, se sont succédé à la tête des CHR de Namur et Auvelais.
Le mandat ad interim du Jemeppois Sevenants vient d'être prolongé jusqu'à l'élection du futur président par le nouveau conseil d'administration. Et il se dit que, candidat à sa succession, il n'est pas garanti de rempiler. Ce jeudi, il y a eu du neuf, et un peu de flottement au sein des instances. L'élément perturbateur malgré lui a un nom: Gilles Mouyard. Explications…
Ce jeudi donc, se tenait d'abord l'assemblée générale de l'AISBS, (Association intercommunale de la santé de la Basse Sambre) qui devait désigner ses nouveaux administrateurs, amenés à siéger au sein des instances issues de la fusion des hôpitaux de Namur et Auvelais.
Ensuite, ce nouveau CA devait se réunir et proposer la candidature d'un futur président des deux CHR. C'est que, en vertu des statuts de la fusion des deux hôpitaux, la présidence doit être alternativement assurée par un Mosan puis un Sambrien. Et pour cette mandature, c'est le tour de la Basse-Sambre.
Mais l'annonce du candidat à présenter à la présidence a été reportée, faute d'un accord politique. Parce qu'au moment de désigner les administrateurs, le MR a changé son casting en dernière minute. L'invité surprise: le Fossois Gilles Mouyard. En lieu et place de la bourgmestre de Jemeppe, Stéphanie Thoron, qui s'est désistée "d'un commun accord" (voir ci-dessous).
En soi, l'arrivée de Mouyard au sein du CA n'a pas posé problème. Mais manifestement, elle est perçue comme un marchepied vers une candidature à la présidence des CHR, le plus gros employeur public de la province, pour les six prochaines années. En réalité, cette candidature est plus qu'une conjecture: elle a été clairement évoquée et discutée jeudi soir. Et, là, ça ne fait pas l'unanimité.
Tout ça, en coulisses, se négocie dans ce que les politiques de la province appellent le "groupe H8". C'est-à-dire une réunion de deux représentants par parti de chacun des quatre groupes MR, PS, cdH et Écolo.
Et, sur cette question de la présidence, deux "clans" s'opposent. D'un côté, les socialistes, singulièrement Basse-Sambriens, poussent Sevenants.
De l'autre le MR propose Mouyard et a le soutien du cdH. Chez Écolo? C'est plus mitigé. Le cas Mouyard suscite des réserves. Pour des questions de gouvernance, parce qu'il n'est pas (plus) un élu, et idéologiques: "Un libéral, président d'un hôpital public alors que le MR a fait campagne sur le fait de la privatisation de services, ça ne va pas", dit une source Écolo.
Et donc, à ce stade, pas d'accord au sein du "H8". Pas d'accord, et donc report de la décision, jusqu'après l'été sans doute. En attendant, Sevenants reste président.

Dans les coulisses de l'Association intercommunale de la santé de la Basse Sambre (AISBS), Gilles Mouyard (MR) est présenté comme un candidat officiel pour la présidence de l'APP. L'intéressé tempère. "J'ai simplement été désigné administrateur de l'AISBS. Il est trop prématuré pour imaginer autre chose."
En revanche, il ne cache pas son intérêt. "J'ai déjà siégé dans les instances des deux hôpitaux pendant plus de 10 ans. J'avais quitté ce poste lorsque je suis devenu parlementaire. Je connais donc la matière et les enjeux. Ce poste m'intéresse effectivement mais, comme je le répète, il est prématuré d'y songer."
Au départ, c'est une autre personne que Gilles Mouyard qui devait poser sa candidature pour devenir administrateur. "Mais le choix, posé au mois de mai, a été modifié en cours de route (NDLR: ce candidat était Namurois et, comme le veut la tradition, le poste est réservé à un Sambrien). Il y a donc eu un ajustement. Voilà la raison pour laquelle ma candidature a été déposée tardivement. Il est également vrai qu'après les élections de mai, où je n'ai pas été élu, on m'a proposé ce poste d'administrateur."
De son côté, le président provincial pour le MR, David Clarinval préfère calmer le jeu. "Il remplace avant tout Stéphanie Thoron qui, d'un commun accord, n'a pas présenté sa candidature pour devenir administratrice au sein de l'AISBS. En plus de sa disponibilité, Gilles Mouyard possède des qualités de par son expérience, c'est indéniable. C'est un candidat potentiel à la présidence du CHR mais il n'est pas le seul. Il n'y a rien d'anormal."