INTERVIEW | La Belge Maud se confie avant la finale de Koh-Lanta: "Choisir est un crève-cœur"
Maud rejoint le quatuor des candidats belges arrivés jusqu'à l'épreuve d''orientation dans "Koh-Lanta" sur TF1. Ira-t-elle plus loin? Réponse ce vendredi soir.
- Publié le 21-06-2019 à 07h00

Ce vendredi soir, dans Koh-Lanta, il y a une Belge en finale. Maud fait en effet partie des cinq derniers finalistes de cette saison 20 aux Fidji.
Une performance réalisée par quatre Belges avant elle: Bertrand Bolle, le pilote d'hélico, 3e de la saison 8 et gagnant de La revanche des héros en 2012 (il a pris la nationalité française pour son boulot); Ella Gbezan, éliminée à l'orientation lors de la saison 11; Gabriel Gubbels, le policier namurois, 2e de l'épreuve des poteaux lors de la saison 15; Javier Rodriguez, l'entrepreneur bruxellois éliminé à l'orientation en 2018 dans Le combat des héros.
Maud ira-t-elle jusqu'aux poteaux? C'est tout le mal qu'on lui souhaite. Mais lors du dernier épisode, elle semblait au bout du rouleau…
Maud, arriver à cette finale, c'est un peu inespéré quand on voit d'où vous venez…
C'est vrai qu'au début de l'aventure, si on m'avait dit que j'irai jusqu'à l'orientation, je ne l'aurais pas cru! J'étais déjà contente d'arriver jusqu'à la réunification. J'ai profité au maximum et j'ai vu jour après jour. Mais là, arriver à l'orientation, c'est la 1re fois dans le jeu où je me dis que cela devient sérieux.
Après la réunification, on ne donne pas cher de votre peau. Vous n'êtes plus que deux Rouges assez rapidement, et c'est plutôt mal parti…
C'est très mal parti. Clairement, je pense que c'est mort! Et puis je vois un Cyril super-ouvert. J'ignore à ce moment-là qu'il a un collier d'immunité et donc qu'il a une chape moins importante au-dessus de sa tête. Moi, c'est tout le contraire qui se passe: je me dis que je suis la vieille, que je n'arrive pas à m'intégrer… Comme je ne suis pas quelqu'un qui aime aller vers les gens par intérêt, j'ai continué à mener ma petite vie, ce qui n'était pas génial vis-à-vis des autres. Je pensais que la stratégie des Bleus et des Jaunes qui était d'éliminer tous les Rouges était une stratégie à court terme, mais en même temps, je déteste demander…
Qu'est-ce qui vous a permis d'inverser les choses?
Quand je gagne la 1re épreuve d'immunité après la réunification. On ne l'a pas vu, mais je suis allée trouver Mohammed pour lui proposer une alliance afin d'éliminer tous les Jaunes. Ensuite, ils nous éliminaient nous, les derniers Rouges, et tous les Bleus étaient en finale. Il m'a dit qu'il allait réfléchir. Cela n'a pas été le cas, et donc c'était mal barré. Et puis les choses ont changé…
On vous a un peu moins vue aussi…
Je n'avais pas intérêt à être trop visible. Dans la 1re partie de l'aventure, on doit encourager son équipe et essayer de gagner les épreuves. Dans la 2e partie, si vous êtes trop fort on vous élimine.
Dans le dernier épisode, vous semblez physiquement au bout. Il y a tout d'abord cette blessure aux côtes dont on a beaucoup parlé…
Effectivement. Et pourtant, elle me handicape vachement. En réalité, j'ai une côte cassée et cela me fait bien mal. J'ai été médicalement bien suivie. Mais ma hantise, c'était d'être éliminée pour raisons médicales. J'ai donc caché ma douleur un maximum.
Vous avez menti au médecin?
Non, on ne sait pas mentir. Mais dans mon malheur, j'ai quand même de la chance: il n'y a pas eu de pneumothorax et le médecin n'a pas pu pousser vraiment à l'endroit où j'avais mal, car il y avait une plaie. J'avais mal, mais mes paramètres médicaux étaient bons.
Tout est rentré dans l'ordre?
Oui, cela fait maintenant trois semaines que je ne sens plus rien quand je fais de la natation.
Et puis il y a votre maigreur aussi. Il y a cette phrase terrible que vous dites à votre compagnon la semaine dernière: "Je ne suis qu'un os!"
Oui, c'est horrible. Je vais bientôt disparaître de l'écran tellement je suis maigre (rires). Mon homme a prévenu ma maman, tout en essayant de dédramatiser. Il craignait aussi que cela fasse peur à mes enfants à mon retour. Quand je me regarde dans le miroir, je fonds d'ailleurs en larmes, car je ne m'imaginais pas être si maigre. J'ai perdu 12 kg, mais je n'étais déjà pas bien grosse au départ.
On ne l'a pas vu dans les épisodes, mais cette maigreur s'explique aussi parce que vous avez été malade…
Oui. J'ai mangé beaucoup de coquillages qui se sont accumulés dans mon estomac et j'ai vomi toute la nuit. Après, je n'ai plus osé manger de coquillages.
Vous avez repris du poids?
Oui. Je vous avoue qu'au début, je n'avais pas trop envie de manger, j'avalais seulement des smoothies. Aujourd'hui, j'ai du mal à m'arrêter de manger (rires). Surtout le chocolat. Je me lève trois ou quatre fois la nuit pour en manger, des tablettes de 200 grammes. J'envoie des photos aux copains qui me disent que je suis complètement dingue! (rires)
Est-ce que c'est la privation de nourriture qui a été le plus difficile?
Honnêtement, non. Le plus dur pour moi, c'est quand vous devez éliminer quelqu'un. Casser le rêve de quelqu'un, c'est vraiment très dur. Et cela augmente au fur et à mesure qu'on avance dans l'aventure.
Parlons un peu de l'épreuve d'orientation de ce vendredi soir. Vous êtes surprise qu'elle se déroule à cinq et pas à quatre comme c'est le plus souvent le cas?
Non, sur le moment même, on n'y a pas réfléchi. Lors du dernier conseil, ce qui m'affecte, c'est le départ de Cyril. C'est l'horreur, car c'est mon frère d'aventure. Et en même temps, cela me fait très mal de voter contre Clo.
En tant qu'ancienne scoute et randonneuse aguerrie, vous maîtrisez l'orientation…
C'est vrai qu'utiliser une boussole, cela ne me fait pas peur. Mais je suis très affectée par le départ de Cyril et le conseil a vraiment été difficile et je suis un peu faible…
Ce vendredi soir, vous serez à Paris avec tous les aventuriers.
Bien sûr. Je devais normalement participer à l'ascension de l'Elbrouz (NDLR: plus haut sommet du Caucase avec 5 642 mètres) par un versant sud-ouest très peu fréquenté et partir le 16 juin dernier. Cela me tentait à mort, mais ce n'est que partie remise.
Cela reste votre objectif si vous gagnez les 100 000€ promis au vainqueur: gravir les sept plus hauts sommets…
Tout à fait. Mes enfants m'ont inscrite pour que je puisse aller le plus loin possible dans ce rêve-là. Il faut donc honorer cet objectif.
Et si dans deux ou trois ans, on vous appelle pour un "Koh-Lanta All Stars", vous repartez?
Koh-Lanta, c'est un super-cadeau. Dire non à une expérience pareille, ce n'est pas possible, même si je crois que cela ne plairait pas trop à mon patron (rires). Maintenant, la seule chose que je regretterais, c'est de ne plus être avec mes compagnons d'aventure car je les ai adorés. J'ai eu tellement de chance d'avoir Cyril, de vivre avec des gens qui ont le même idéal que moi…
Mais vous pourriez côtoyer des aventuriers mythiques du jeu. Il n'y a pas un nom dans les anciens candidats que vous aimeriez défier?
Moi, j'ai vraiment beaucoup de respect pour Grégoire (NDLR: participant de la saison 7 et vainqueur du Choc des héros en 2010). Ce gars était magnifique. Jade était aussi bien. Et Javier m'a fait rire! Il est génial et diabolique. Heureusement, je sais qu'il a un bon cœur. Candice est pleine de fraîcheur… J'en oublie plein. Mais si je dois retenir un nom, c'est celui de Grégoire.
On pourra bientôt faire un Koh-Lanta Belgique contre France…
Ça, ce serait avec plaisir! Mais je ne dirais pas "contre" mais "avec" la France. Et à la fin, que le meilleur gagne (rires).
Et pour ce soir, qui mérite de gagner?
Tout le monde le mérite. Choisir, c'est un crève-cœur pour moi.
Dernière question: vous signez toujours des autographes au Colruyt à Grez-Doiceau?
(rires) La dernière fois, c'était à la pompe à essence près d'Archennes, mais j'étais en retard et j'ai fait un bonjour rapide. Si l'automobiliste que j'ai croisé me lit, je le salue bien (rires).
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