LIÈGE

Égalité hommes-femmes: le collectif La Barbe veut réveiller les consciences à Liège

Égalité hommes-femmes: le collectif La Barbe veut réveiller les consciences à Liège

Une fausse barbe sur le visage, les fondatrices de La Barbe Liège ont fait irruption se sont invitées à la conférence inaugurale de Tomorrow Now, la semaine dernière. La Barbe Liège

Le collectif La Barbe Liège vient de se former, grâce à une douzaine de Liégeoises exaspérées par l’omniprésence des hommes aux manettes. Elles ont réalisé leur premier coup d’éclat le week-end dernier.

Tomorrow Now: un week-end entier consacré à la construction du monde de demain, plus durable, évolutif et épanouissant. Cet événement, qui vivait sa première édition le week-end dernier au Palais des Congrès de Liège, avec une panoplie de conférences et d’animations au menu, avait de quoi séduire.

Sa programmation a aussi eu le don d’exaspérer une douzaine de Liégeoises, qui ont constaté que l’ensemble des grandes conférences du week-end étaient délivrées par des hommes et que, plus globalement, la majorité des intervenants du week-end étaient une fois de plus des hommes. « Et quand c’étaient des femmes, elles étaient reléguées à des ateliers secondaires, ou qui parlent de la cuisine, du bien-être, etc.», explique Émilie, une des fondatrices de La Barbe Liège.

Un mouvement féministe né en France

Ce collectif vient de se former à Liège, sur le modèle de La Barbe telle qu’on la connaît depuis une dizaine d’années à Paris et ailleurs en France. Leur première action s’est déroulée lors de la conférence inaugurale de Tomorrow Now. Plusieurs femmes ont débarqué sur scène pour faire entendre leur message.

«Nous reprenons simplement le mode opératoire imaginé par La Barbe à Paris», poursuit Émilie. «Il y a toujours de l’ironie, une note d’humour. Nous investissons des lieux et nous félicitons les hommes d’avoir réussi à résister à la féminisation de la société, d’occuper la majorité des postes de pouvoir.»

Leurs cibles de prédilection sont ces instances de pouvoir majoritairement occupées par des hommes: les conseils d’administrations, comités de direction, jurys, etc. La tête de la pyramide institutionnelle, en quelque sorte. «Nous ne délivrons pas de message d’ordre plus politique», indique Émilie. La Barbe place simplement les femmes et les hommes face à cette réalité.

«Aucun milieu n’est épargné»

En 2018, à Liège comme ailleurs, ce combat reste plus que jamais d’actualité. Les mécanismes demeurent bien ancrés «et aucun milieu n’est épargné, pas même le milieu militant». La Barbe pourrait donc potentiellement mener des actions aux quatre coins de la ville. Les grandes sociétés, les institutions, les pouvoirs publics sont encore majoritairement dirigés par des hommes. «Regardez les élections rectorales à l’Université de Liège», glisse Émilie. Trois candidats, trois hommes.

L’action du week-end dernier en appelle sans doute d’autres. Elle a en tout cas eu le mérite de mettre en lumière, une fois de plus, la réalité dénoncée par La Barbe. Si le collectif liégeois s’est créé de façon un peu informelle, tout le monde peut évidemment soutenir le mouvement, notamment via la page Facebook du collectif.


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