8 000 km en stop contre les déchets sauvages
Eddy Platt a quitté Marseille pour un périple militant de plusieurs mois. Le président de "1 Déchet Par Jour" a fait un passage hier à Arlon.

- Publié le 03-08-2017 à 06h00

Le 19 juin dernier, Edmund Platt, un Anglais installé depuis six ans à Marseille, quittait la cité phocéenne pour un tour de France et de ses pays voisins un peu particulier. Parti seul avec un sac à dos et un hamac, ce professeur d'anglais a mis sa vie entre parenthèses pour partir en stop tel un escargot anglais, comme il se surnomme, parcourant l'hexagone. En passant par Perpignan, Andorre, Biarritz, la Côte atlantique jusqu'en Bretagne avant de rejoindre Paris.
Mardi matin, il a quitté Dunkerque pour se retrouver à Arlon dans la soirée. Comme à son habitude, il s'est mis à la recherche d'un endroit où installer son hamac pour passer la nuit. C'est dans le jardin de la fille de Jacques Champagne, attaché à la Maison et à l'Office du tourisme d'Arlon qu'il a trouvé, par hasard, le gîte et même le couvert pour une nuit.
Mais ce périple n'a pas pour seul but de voir découvrir des paysages. Il va bien au-delà d'un séjour touristique. Edmund Platt est le président de l'association "1 Déchet par Jour/1 Piece of Rubbish". Tout a commencé par un geste anodin il y a deux ans.
"J'ai ramassé un déchet dans ma ville natale de Leeds en Angleterre. J'ai posté une photo sur les réseaux sociaux. Le même jour, j'ai reçu 180 likes, des commentaires positifs et pleins d'idées où aller ramasser des déchets. Depuis, j'ai pris l'habitude de ramasser un déchet par jour. Aujourd'hui, l'association qui est gérée par 9 personnes, est suivie par 14 000 personnes sur Facebook, un millier sur Twitter et environs 4 000 sur Instagram."
Un ami marseillais le met alors au défi de faire ramasser à chaque habitant de la ville un déchet par jour. "Il m'a dit que si je réussissais à faire ça, je serai son dieu. J'ai alors pensé détourner mon geste en nominant des amis sur les réseaux sociaux et en les mettant au défi de réaliser le même geste en postant la photo sur le net. Je reçois de plus en plus de photos. Ce qui m'a incité à partir. Je me sens porté par cette communauté qui me suit et m'attend dans mon périple."
Faire changer les habitudes
À chaque déchet qu'il ramasse, Edmund Platt se prend en photo ou se filme avant de poster les images sur les réseaux sociaux. Son objectif n'est pas de jouer les moralisateurs, mais d'encourager chacun à l'imiter. "L'idée est de partir à la rencontre des gens pour qu'ils prennent soin de la planète. Le stop est l'un des meilleurs moyens de faire des rencontres. Il faut inciter les gens à changer leurs habitudes et à prendre soin de la planète. Je veux les encourager à devenir acteur et pas seulement spectateur. C'est un véritable challenge."
Et la démarche semble fonctionner puisque l'escargot anglais entraîne souvent avec lui dans ses ramassages les personnes qui l'hébergent ou le prennent en stop.
Un geste bien nécessaire quand on sait que 80% des déchets dans la Méditerranée, qui est bordée par 26 pays et est le plus pollué de tous les océans, proviennent de la terre. En France, 500 kg de déchets sont ramassés annuellement sur chaque kilomètre d'autoroute et de routes nationales.
Ce jeudi, Edmund reprend sa route vers Luxembourg avant de rentrer en France par Thionville où un ramassage en groupe est organisé, Strasbourg avec une incursion en Suisse du côté du lac Léman. Cette première aventure du genre devrait se terminer le 1er octobre à Orléans. Avec un final que l'escargot anglais espère en présence de nombreux followers.
