Où apprendre les langu es après la fermeture de Thiaumont?
Pro Linguis cessera son activité le 31 mars. Paradoxal dans un monde où l'apprentissage des langues s'avère essentiel.
- Publié le 01-02-2017 à 05h00

Le 31 mars, le centre d'apprentissage de langues étrangères Pro Linguis de Thiaumont (Attert) fermera définitivement ses portes. C'est un véritable pan de la vie du Sud-Luxembourg qui disparaît. En 46 ans, le nombre de jeunes, et de moins jeunes, qui ont fréquenté Pro Linguis, venant du Sud-Luxembourg et de beaucoup d'autres régions et même d'autres pays, est quasi incalculable.
Pas plus tard que vendredi dernier, dans la première mercuriale de sa nouvelle fonction de gouverneur de la Province de Luxembourg, Olivier Schmitz a mis l'apprentissage des langues au cœur de ses priorités: "Je rêve d'un monde où les jeunes adultes luxembourgeois parleront trois voire quatre langues. Aujourd'hui, c''est peut-être une utopie, mais ce n'est pas si irréaliste que cela."
Le même soir, paradoxalement, l'assemblée générale de Pro Linguis confirmait ce qui était pressenti: la suspension d'activités. Décision qui ne va pas dans l'air du temps dans un Sud-Luxembourg qui se tourne et se tournera de plus en plus vers des emplois grand-ducaux où la connaissance de plusieurs langues étrangères est une obligation et pour une région dont les prévisions d'accroissement démographiques sont les plus importantes du Royaume. Du côté d'Arlon, les possibilités d'étudier une langue se limitent maintenant à l'apprentissage scolaire (dont on connaît les limites), à une jeune entreprise ouverte il y a moins de deux ans et aux cours du soir dispensés dans le cadre de la Promotion Sociale. Beaucoup trop peu pour une région qui veut se tourner résolument vers l'avenir.
Europe, où es-tu?
La principale raison avancée par Pro Linguis pour expliquer les difficultés financières de l'entreprise tient à une directive européenne qui, en 2014, a obligé les entreprises de services assurant des apprentissages, à être assujetti à la TVA, alors qu'ils en étaient jusque-là dispensés. Du jour au lendemain, 21% de TVA sont venus s'ajouter aux tarifs pratiqués, ce qui a fait fuir, selon les dirigeants de Pro Linguis, près d'un tiers de la clientèle. Même s'il est un peu court de se contenter de cette seule raison pour expliquer le déclin de l'école, on ne peut que s'étonner de cette Europe qui accepte qu'une école d'Attert soit assujettie à un taux de TVA de 21%, quand quelques kilomètres plus loin, à Steinfort, le même produit est assujetti à 3%.
