Une culture réellement régionale ?

Photo Piron

Philippe Destatte est directeur général de l’Institut Jules Destrée. Son intervention « Existe-t-il une identité wallonne ? » clôture l’Histoire culturelle de la Wallonie.

La publication d’un tel ouvrage, c’est important pour renforcer l’identité wallonne ?

C’est une étape de plus. Il y a une interrogation constante sur l’identité wallonne mais elle ne peut être niée. Du moins c’est mon opinion. Suggérer à quelqu’un d’avoir une identité, cela signifie qu’il n’en a pas, donc qu’il n’existe pas. Comment peut-on dire que la Wallonie n’existe pas ! Culturellement, nous avons un héritage et nous avons un projet. Mais il est vrai qu’il existe des variables et que l’identité wallonne est aussi un processus d’appropriation.

Éditer une histoire culturelle de la Wallonie n’est-ce pas plaider pour la régionalisation de la Culture ?

Clairement l’ouvrage n’a pas été écrit dans cette logique. Mais j’estime qu’il est incompréhensible au début du XXIe siècle qu’une région ne dispose pas de compétences culturelles. C’est une ineptie qu’il n’y ait même pas un directeur des affaires culturelles à Namur. Il y a là, au point de vue institutionnel une confiscation, une désappropriation qui va à l’encontre du processus d’identité régionale.

Le livre intègre la Communauté germanophone…

C’était un choix géographique mais honnêtement, personnellement je ne l’aurais pas fait. Les Germanophones sont dans un processus de 4e région. C’est là aussi qu’on voit qu’objectiver une identité régionale est impossible. C’est toujours subjectif. Il y a des Flamands qui vivent en Wallonie et qui sont Wallons. Et des Wallons qui refusent de l’être. On ne peut pas imposer une identité plutôt qu’une autre à quelqu’un, c’est de l’autoritarisme. Et là je m’éloigne du Manifeste pour la culture wallonne de 1983 qui affirmait qu’un Wallon est un habitant de Wallonie.¦ M.F.G.