A-t-on retrouvé Hughes ou Radbod II ?

Une deuxième tombe d'évêque a été ouverte dans la cathédrale. S'agit-il du père de la procession ou un de ses prédécesseurs?

Du sixième siècle jusqu'à 1146, le diocèse de Tournai est lié à celui de Noyon où est le siège principal des différents prélats. Les éléments historiques permettent cependant de ne retenir que deux noms pour ce tombeau, ceux de Hughes -de 1030 au 2 mars 1044 - ou de Radbod II, successeur de Baudouin en 1068 et décédé le 28 avril 1068.

À l'orée du choeur

Le lieu d'une sépulture recèle des indications majeures quant à la qualité du défunt. Dans la cathédrale dite de l'an mil, le fait d'être inhumé juste au pied des marches du choeur révèle un grand dignitaire.

La tombe de Baudouin est le plus proche ; la seconde est placée juste derrière, dans son prolongement.

C'est une des raisons qui incline Raymond Brulet, directeur du CRAN à penser qu'il s'agit là de la tombe de Radbod, successeur de Baudouin et non de Hughes, son prédécesseur.

Reconnu depuis l'an dernier, le tombeau était couvert d'une dalle de calcaire local, sans la moindre inscription. Cette dalle s'est brisée en trois morceaux, celui du milieu endommageant les os du squelette et les tissus de son habit en même temps qu'il laissait libre accès aux eaux et terres voisines. Le tombeau est maçonné à l'aide de moellons locaux de taille moyenne, possède une niche céphalique et est peint de ce rouge caractéristique des tombes religieuses d'alors.

Un anneau identitaire ?

Minutieusement nettoyé, le squelette est apparu, en moins bon état que celui de Baudouin mais complet, gardant des restes de tissu, notamment un galon d'or au niveau des hanches, des fils d'or au niveau des chevilles, ses sandales de cuir, de fins gants et sa crosse explique Geoffrey Espel, l'archéologue de terrain avec Inès Leroy, Mathilde Gardeux et Sylvie De Longueville.

Un anneau au majeur droit est orné d'une petite pierre rouge.

Quant à la crosse funéraire de bois, en tau, posée sur le côté droit, sa partie inférieure a disparu. Un anneau de bronze l'orne et montre, en deux rangées, une trentaine de lettres gravées ; des abréviations latines, encore indéchiffrables, mais qui permettront peut-être d'identifier cet évêque.

De la tête, il ne reste que l'arrière du crâne, garni de quelques cheveux, ainsi que la mâchoire inférieure conservant une courte barbe d'apparence rousse.

Des examens

C'est au tour des laboratoires de l'atelier de restauration de la RW à Jambes ainsi que de l'IRPA de se pencher sur ces restes.

L'ensemble, bois, tissus, cuir, squelette, sera d'abord consolidé sur place puis prélevé durant ces prochains jours.

Les études pourraient durer plusieurs mois, en raison de l'état de dégradation de certaines pièces, notamment des tissus. Pour revenir peut-être enrichir le trésor de la cathédrale.

"La campagne est achevée et nous ne la reprendrons éventuellement que dans le cadre des travaux de la restauration de l'édifice" précise Raymond Brulet. Pour la conservation du site actuel, on en discute, en haut lieu.

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