Ça lui apprendra d'aller au marché de Noël de Bruxelles plutôt qu'à Tournai...
La conclusion d'une question parlementaire à propos d'un incident survenu sur le rail en décembre dernier et à la suite duquel un Tournaisien a été privé de marche de Noël à Bruxelles, est plutôt drôle. Certain que la prochaine fois, il hésitera avant de prendre le train quand il gèle...

- Publié le 07-03-2019 à 10h16

Le député (pour quelques mois encore) - bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois, a récemment posé une question au ministre de la Mobilité, François Bellot, concernant un incident survenu le 15 décembre dernier et qui a provoqué une grosse colère chez un Tournaisien qui se trouvait à bord de ce train.
"Ce jour-là, en soirée, explique Paul-Olivier Delannois, plusieurs trains circulant sur le réseau SNCB ont été mis à l'arrêt à la suite d'un problème technique survenu sur des caténaires et dû à la pluie verglaçante. Je veux être très clair, je ne reproche ni à la SNCB ni à Infrabel le fait que le réseau ait connu un problème technique, cela peut arriver. Ce que je trouve problématique, c'est la gestion de l'événement par les services compétents, qui a été négligée. J'utilise ce terme fort car des faits m'ont été rapportés directement par un citoyen tournaisien qui se trouvait dans le train Bruxelles-Tournai et qui a été bloqué juste avant la gare de Silly. Ce citoyen est parti de Bruxelles à 21 h 05 et est arrivé à Tournai à 5 h. Bloqué à partir de 21 h 30, le train n'est arrivé à Enghien qu'à 2 h. Les navetteurs pensaient que des taxis seraient mis à leur disposition afin de les raccompagner. Il n'en était rien! De plus, Securail leur a affirmé que, s'ils prenaient un taxi, ce serait à leurs frais. Pourtant, l'article 36 des conditions de transports est catégorique: la SNCB se doit de trouver un mode de transport alternatif lorsqu'un voyageur ne peut pas poursuivre son voyage le jour-même en raison de la suppression, du retard ou du manquement de correspondance entre deux trains. Les navetteurs ont dû reprendre un train dans l'autre sens, vers Bruxelles, à 3 h. Et c'est à 4 h qu'ils ont pu embarquer dans des taxis affrétés par la SNCB. Monsieur le ministre, pourquoi aucun taxi n'a-t-il été proposé aux navetteurs en gare d'Enghien, après plus de quatre heures d'attente dans le train? Quel a été le problème technique précis rencontré par Infrabel et qui a paralysé une partie du rail durant de nombreuses heures?"
La pluie verglaçante…
"La SNCB m'informe, répond le ministre, qu'elle regrette la suite d'événements qui a découlé de cet incident et reconnaît un défaut dans l'organisation de la prise en charge des voyageurs à Enghien. Elle prendra des mesures en 2019 pour compléter la formation de son personnel chargé de la gestion de crise face à ces situations exceptionnelles. La SNCB dit avoir veillé à ne laisser aucun voyageur livré à lui-même. Le logement dans un hôtel à Bruxelles ou le réacheminement par taxi vers sa destination finale a été proposé à chaque voyageur concerné. Les voyageurs qui en font la demande recevront une compensation pour le retard de train et un remboursement pour les frais de taxi ou d'hôtel. Selon Infrabel, ces perturbations ont été provoquées par les conditions météorologiques. Ce jour-là, de la pluie verglaçante est tombée sur l'ensemble du pays et a conduit à l'accumulation de glace sur le fil conducteur d'une caténaire. La glace étant un isolant, il en résulte des interruptions répétées du captage du courant de traction, ce qui provoque différents phénomènes techniques comme la création d'arcs électriques qui fragilisent à la fois la caténaire et le pantographe, empêchant le train de continuer son itinéraire. D'après Infrabel, ce phénomène est à l'origine des difficultés du 15 décembre dernier, qui a impacté de très nombreux trains. On peut noter que le réseau belge n'est pas le seul à avoir été touché ce jour-là. Le réseau français a également connu de très fortes perturbations, plus tôt dans l'après-midi, causées par le même phénomène."
