Municipales : la "vague bleue" renforce la dégelée du PS

La droite a largement remporté les élections municipales. Le FN fait carton plein. La sanction est très lourde pour le pouvoir socialiste.

Catherine DEHAY
Municipales : la « vague bleue » renforce la dégelée du PS
FRANCE2014-VOTE-PARIS-UMP ©AFP

Un parlementaire de la majorité avait prévenu: c'était au choix "Massacre à la tronçonneuse, Pearl Harbor, ou la Tour infernale". Le scénario du pire, redouté par la gauche, s'est confirmé dimanche, à l'issue du deuxième tour des élections municipales, marqué par une abstention historique de 38%.

Le premier test national pour François et son gouvernement a tourné à la déroute. Le désaveu du 23 mars est amplifié. Même si les socialistes ont ravi Avignon et conservé Paris, c'est une maigre consolation car ils ont perdu un grand nombre de villes phares et sont éjectés de citadelles qu'ils croyaient inexpugnables. Dès l'annonce des résultats hier soir à 20 h, les ténors du PS reconnaissaient d'ailleurs la lourde défaite, à l'instar de Ségolène Royal, parlant d' "avertissement très sévère à prendre très au sérieux".

L'UMP premier parti

À droite, l'heure de la revanche a sonné. L'UMP est devenu le premier parti de France. Son chef pavoise. Jean-François Copé, fier d'avoir conduit à la "vague bleue" , estime que la victoire est synonyme de défaite personnelle pour le président de la République qui doit "absolument changer de politique". Les listes de droite ont obtenu 49% des voix au second tour des élections municipales ce qui devait faire basculer une centaine de villes de plus de 10 000 habitants, selon une enquête BVA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France. S'il a loupé le coche à Paris, le parti d'opposition a ravi plusieurs villes symboliques parmi lesquelles Reims, Saint-Étienne, Quimper, Toulouse, Limoges, Ajaccio, Belfort, Périgueux, Roubaix, Pau dirigée depuis 40 ans par la gauche et où François Bayrou élu triomphalement fait son grand retour après deux échecs successifs.

Carton plein pour le FN

Le FN a lui aussi fait le plein, confirmant son ancrage. Le parti d'extrême droite ne s'est pas imposé à Perpignan ou Avignon, mais remporte huit villes en plus de Hénin-Beaumont (Béziers, Fréjus, Beaucaire, Hayange, Villers-Côterrêts, Le Luc, Le Pontet et Cogolin) et 1 200 conseillers municipaux, soit 200 de plus que l'objectif de départ. L'implantation du FN dans les communes augure d'une nouvelle percée historique pour l'extrême droite et d'une autre claque pour la gauche aux élections européennes du 25 mai prochain. Un sondage réalisé par Ipsos sur les intentions de vote pointe l'UMP à 24%, le FN à 22% devant le PS à 19% et EELV à 10%.

Le contexte national, marqué par l'impopularité de l'exécutif et une situation économique et sociale difficile, a incontestablement pesé lourd dans ce scrutin aux enjeux a priori locaux. L'abstention record et la victoire écrasante des listes de droite confirment le rejet des choix politiques de François Hollande et son équipe. La colère qui s'est exprimée dans les urnes et la désillusion des électeurs de gauche appellent une réponse forte. Les jours de Jean-Marc Ayrault à Matignon sont sans doute comptés.

Nos lecteurs ont lu ensuite

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...