Proximus et la chute spectaculaire de sa consommation d'eau et de papier en Belgique : jusqu'à -77 % en 5 ans
Le groupe Proximus consomme de moins en moins d'eau et de papier en Belgique depuis 2017, sous l'effet du confinement, du télétravail, de la digitalisation mais aussi de la réduction de ses effectifs.

- Publié le 06-03-2024 à 15h40

Librement disponibles en ligne à cette adresse, les sept derniers rapports annuels (2016 à 2022) de l'opérateur télécoms Proximus sont une mine d'informations, pour l'investisseur, le curieux ou encore la concurrence.
Que peut-on y découvrir ?
Des lignes stratégiques, des intentions, des données financières, une collection de chiffres. Parmi ceux qui ont attiré notre attention : la baisse drastique de la consommation d'eau et de papier en Belgique.
Les tonnes de papier en chute libre
Comme le montre le tableau ci-dessous, de 2017 à 2022, Proximus a considérablement réduit les volumes de ces deux postes : -77,5 % pour le papier, -49,5 % pour l'eau.
Dans le détail :
- De 1290 tonnes de papier en 2017 à 290 en 2022 (-77,5 %).
- De 124.611.000 litres d'eau en 2017 à 62.919.000 en 2022 (-49,5 %)
| Proximus Group | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Consommation de papier en Belgique (tonnes) | 1290 | 970 | 650 | 590 | 380 | 290 |
| Consommation d'eau en Belgique (litres) | 124.611.000 | 146.599.000 | 109.392.000 | 87.551.000 | 77.823.000 | 62.919.000 |
| Nombre d'équivalents temps plein (sans BICS & Telesign) | 12.644 | 12.658 | 12.143 | 10.530 | 10.577 | 10.427 |
Restructuration, télétravail et digitalisation
Il ne faut pas se voiler la face. Le plan de restructuration amorcé en 2019 et appliqué en 2020 joue nécessairement un rôle dans cette évolution perceptible dès 2018 pour le papier, dès 2019 pour l'eau.
De 2019 à 2020, le nombre d'équivalents temps (ETP) de Proximus Group (sans compter les filiales BICS et Telesign) a basculé 12.143 à 10.530 (-13,2 %).
Pour le reste, "c'est le résultat du confinement et de la digitalisation", estime Haroun Fenaux, le porte-parole de Proximus.
"Du jour au lendemain, il y avait beaucoup moins de personnes dans les bureaux et donc beaucoup moins de consommation d'eau liée à la présence humaine. Une fois que ces personnes ont commencé à revenir progressivement, elles avaient perdu ce réflexe d'imprimer systématiquement toute une série de documents. Le rapport 2023 qui sera bientôt publié en ligne montrera de très, très légères augmentations de ces consommations."
Le télétravail depuis octobre 2019
Autre élément à prendre en compte, l'instauration du télétravail dès octobre 2019.
"À l'époque, on avait mis en place une nouvelle norme avec les syndicats", rappelle Haroun Fenaux. "Le principe : deux jours de travail obligatoire au bureau, jusqu'à trois jours de télétravail sur base volontaire. On avait également élargi le nombre de jobs qui pouvaient être exercés depuis la maison. Puis le confinement a accéléré l'adoption du télétravail. Certaines personnes qui n'y croyaient pas jusque-là ont découvert ce mode de fonctionnement et ses outils, par la force des choses."
"Au-delà de cette évolution", précise Haroun Fenaux, "on reste convaincu qu'il est important pour la cohésion des équipes d'avoir des moments où les gens se voient physiquement. Pour les deux jours obligatoires au bureau, souvent les équipes essaient de se caler sur le même agenda."
Les dernières actualités de l'opérateur télécoms Proximus
Piloté par le SPF Économie, le nouveau tarif social télécoms est entré en vigueur le 1er mars 2024. Par rapport aux cahiers des charges et à ses concurrents VOO et Telenet, Proximus assure le minimum syndical au moment de proposer aux bénéficiaires Internet contre 19 €, le pack contre 40 €.
Dans le courant de cet été 2024, Proximus, tout comme Orange et Base (Telenet), devra faire face à l'arrivée du quatrième opérateur mobile de Belgique, DIGI. Ailleurs en Europe, le groupe télécoms d'origine roumaine propose des cartes SIM à partir de 3 € par mois.
2024 sera également une année durant laquelle Proximus devrait plus que jamais continuer à perdre des clients TV. La télévision digitale à l'ancienne souffre partout dans le monde et la Belgique ne fait pas exception à la règle. Les chiffres sont implacables pour l'ancien Belgacom : -58.000 clients TV en 21 mois.
