Paul Magnette favorable à une réduction du salaire des ministres, mais pas que...

Le président du PS, Paul Magnette, refuse de conditionner les efforts de la classe politique à ceux du privé.

Belga
 Paul Magnette, ici en mai dernier avec Georges-Louis Bouchez.
Paul Magnette, ici en mai dernier avec Georges-Louis Bouchez. ©Photo News

Paul Magnette est favorable à une réduction du salaire des ministres à tous les échelons de pouvoir, mais reconnaît que la mesure aura peu d'impact sur le budget. "Oui, je le (raboter le salaire, NDLR) ferai avec l'ensemble des décisions qui sont prises", a déclaré le président du parti socialiste au micro de La Première, ce vendredi matin.

Le Premier ministre Alexander De Croo a remis jeudi une note à son équipe dans laquelle il est proposé de réduire de 8% les traitements des membres du gouvernement à partir de 2023. La recette attendue en 2023 s'élèverait à 456.000 euros.

Paul Magnette a indiqué qu'une éventuelle baisse du salaire des ministres était une mesure plus que symbolique, tout en reconnaissant que ce type d'effort n'aurait pas de rendement budgétaire significatif. Une contribution de crise sur tous les hauts revenus serait plus efficace à ses yeux. "Et ce serait un signal politique envoyé à la population."

guillement

"Quand on est en période de crise, ce sont ceux qui ont de la marge, ce sont ceux qui font des bénéfices qui doivent payer"

Magnette refuse cependant de conditionner les efforts de la classe politique à ceux du privé. "On le (réduire les salaires, NDLR) fera pour les mandataires politiques quoi qu'il arrive, mais faisons-le aussi pour les hauts revenus équivalents dans les autres secteurs. (...) On est dans un moment difficile pour énormément de familles, je trouve que c'est un signal d'équité et de décence."

À côté de cela, le président du PS recommande d'augmenter les prélèvements sur la fortune. Et d'énumérer la taxe sur les comptes titres dont il préconise de relever le seuil, la suppression des avantages fiscaux des banques et des multinationales, la mise en place d'un impôt minimum sur les multinationales...

"Quand on est en période de crise, ce sont ceux qui ont de la marge, ce sont ceux qui font des bénéfices qui doivent payer: les surprofits dans l'énergie, les profits importants dans la finance..."

Le PTB a également eu également son mot à dire vendredi matin, le président du parti, Raoul Hedebouw s'exprimant sur LN24 et la cheffe de groupe PTB à la Chambre, Sofie Merckx étant invitée par Bel RTL. Tous deux ont rappelé que leur formation prônait une réduction de 50% du salaire des ministres et des députés.

"Le problème est non seulement le coût (de ces salaires, NDLR), mais aussi la déconnexion du monde politique avec les problèmes des gens", a commenté Mme Merckx. "Ils montrent leur déconnexion par leur politique et la manière dont ils tardent à prendre des mesures structurelles pour baisser le prix des factures énergétiques."

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