Les barrages s'éternisent (surtout) en Wallonie

Pourquoi faut-il que les actions des transporteurs routiers se déroulent presque exclusivement en Wallonie?

Les barrages s’éternisent (surtout) en Wallonie
blocages camions ©EdA

Si chaos il doit y avoir dans ce pays, certains sont plus concernés que d'autres. "En Flandre, il n'y a rien! " constate, un peu énervé, Vincent Reuter, le patron de l'Union wallonne des entreprises.

Hier, on comptait en effet encore une vingtaine de barrages "taxe kilométrique" en Wallonie. Rien en Flandre. Ou presque rien: en province d'Anvers, des camions bloquaient tout de même l'E34 Eindhoven-Anvers à la frontière Mol-Postel et dans la zone entre Anvers et Breda.

Vincent Reuter reste néanmoins convaincu que blocages, barrages ou grèves, "c'est une spécialité wallonne!"

Une question de culture? Ou une exposition différente à la taxe, selon le profil des entreprises au nord et au sud du pays?

"La tête près du bonnet"

On le sait, les petites entreprises de transport n'encaissent pas la nouvelle taxe kilométrique avec la même souplesse que les plus grandes.

"C'est vrai, mais c'est un cliché de penser qu'il y a une différence dans le secteur du transport en Flandre et en Wallonie", commente Michaël Reul, secrétaire général de l'Union professionnelle du transport et de la logistique, l'UPTR.

" Les entreprises présentent exactement la même structure au nord comme au sud: on a le plus souvent affaire à des PME familiales. La moyenne du nombre de camions par entreprise en Belgique est de 6: une moyenne de 7 en Flandre et de 5 en Wallonie", précise-t-il.

"On ne peut pas nier que les plus petites entreprises sont touchées aussi en Flandre", confirme Vincent Reuter. " Mais non, décidément, en Wallonie, c'est une question de culture", insiste-t-il.

Michaël Reul ne le contredit pas sur ce point. "Ils sont plus légalistes en Flandre. En Wallonie, on a la tête plus près du bonnet, on est plus réactif. Ceci dit, en Flandre, certains se demandent quand même pourquoi ça ne démarre pas. Ils attendent peut-être un leader ou un déclencheur… D'autant que, il faut être honnête, il n'y a qu'en Wallonie que le gouvernement propose des compensations à hauteur de 23 millions. Rien à Bruxelles, rien en Flandre", admet le secrétaire général de l'UPTR.

TLV, Febetra, UPTR…

Et puis, sur les trois principales fédérations de transporteurs, deux ont pris l'option de s'aligner une fois la taxe votée et entrée en vigueur: Transport en Logistiek Vlaanderen et la Febetra, une fédération "historiquement plus forte à Anvers", considère Michaël Reul. L'UPTR est quant à elle historiquement liégeoise, nationale depuis 2000.

"Bref, les transporteurs wallons entendent deux messages: celui de l'UPTR, contre la taxe, et celui de la Febetra, désormais "pour". Et chacun se fait sa religion. En Flandre, ils ont le message des trois fédérations, dont deux disent qu'il faut accepter la taxe, répercuter les coûts."

"Ils manquent de réaction"

Et en effet même si l'Union n'est pas à proprement parler à l'origine de la mobilisation en Wallonie (" L'UPTR est dépassée par les événements, on ne s'en cache pas"), elle reste seule à protester contre la redevance.

"On peut juger que c'est une bonne position ou pas… Mais c'est notre ADN. Nous sommes un groupe de pression. Je reproche à mes collègues de manquer de réaction. On a encore eu une réunion avec Satellic lundi de 19 heures à 1 heure du matin sur les problèmes techniques du boîtier. Quand on nous parle "d'erreurs relatives", moi, j'entends "erreurs". Pas "relatives"", dit-il.

"Ça fait des mois qu'on travaille sur ce dossier. On ne peut pas admettre l'entrée en vigueur du système tant qu'il bugge… " maintient Michaël Reul.

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