Budget : la grande foire aux projets de relance
Les ministres étaient réunis hier soir tard pour trouver une formule qui relance l'économie en étant neutre en dépenses. Ca continue ce mardi.
- Publié le 17-07-2012 à 07h17

Indolore (pour le citoyen) ne veut pas dire incolore (pour le politique). L'exercice budgétaire, auquel se livrent les ministres fédéraux depuis dimanche, est truffé d'attrape sous (projets qui coûtent de l'argent) qu'il faut déjouer ou neutraliser. Hier soir, c'était le grand bras de fer politique entre les partis de la majorité. Chacun est venu avec sa (courte) liste de desiderata. L'atterrissage est prévu pour aujourd'hui.
Voici l'équation à résoudre. D'une part, l'objectif est clair, précis et partagé: il faut un exercice zéro, une neutralité budgétaire complète. Pour cela, 78 millions d'euros étaient à trouver pour maintenir le cap du déficit de 2,4% du PIB. Mais d'autre part, des demandes de moyens supplémentaires assez cruciaux sont amenées par des ministres. Avec le souci de mesures qui relancent l'économie du pays.
Les libéraux (Open-VLD comme MR) insistent sur une meilleure exécution des peines judiciaires, en particulier les peines de moins de trois ans de prison. La ministre de la Justice Turtelboom s'est engagé là-dessus. Par ailleurs, le MR veut engager la relance via les PME. Il s'agirait d'anticiper pour la fin 2012 au lieu de 2013 la diminution de charges sur les trois premiers emplois. Didier Reynders se battait pour cela hier soir.
Joëlle Milquet, pour le cdH, demandait aussi un soutien aux PME. Mais également à l'emploi des jeunes et au secteur horeca. Par ailleurs, la ministre de l'intérieur se bat pour porter de 1100 (nombre actuel) à 1400 le nombre de policiers recrutés chaque année. Sans quoi le recrutement ne comblera pas les départs de policiers à la pension. Milquet fait cette demande pour 2013 mais voudrait l'anticiper. Elle souhaite aussi engager 100 inspecteurs pour la police fédérale et renforcer les services d'appels d'urgence (100 et 112) mais toujours… en 2013. Donc a priori des souhaits qui ne coûtent pas maintenant.
Laurette Onkelinx, pour le PS, a annoncé à son arrivée au conclave budgétaire vouloir une relance qui crée des dizaines de milliers de postes de travail, en particulier pour les jeunes. Il faut aussi agir sur la consommation, expliquait-elle, c'est-à-dire augmenter le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent. "Il y aura énormément d'effets retour et au final il faut que cela s'équilibre", argumentait-elle.
Compétences usurpées:oui ou non ?
L'une ou l'autre mesures d'économies circulaient, sans grande conviction. Supprimer l'institut des vétérans, par exemple. MR et PS s'y opposent. La délicate question des compétences usurpées devait être tranchée. Le comité de Monitoring pour calculer l'effort à réaliser par le gouvernement a en effet supprimé ce poste (à 250 millions) politiquement intenable.
Les compétences usurpées sont des budgets que le pouvoir fédéral estime payer erronément à la place des entités fédérées. Mais les régions ont hurlé au loup à chaque fois qu'il en a été question. Le ministre du Budget Olivier Chastel (MR) envisageait de tout même puiser quelques millions via ce canal. Mais cela ne soulevait guère d'enthousiasme chez ses partenaires de majorité.
Hier soir, le Premier ministre et l'équipe réduite de ministres qui négociaient étaient toujours en pleine négociation au-delà de 22H. La réunion s'annonçait tardive.
