"Peaky bikers", une perle à découvrir au Rallye de la Petite Reine à Lessines
Champion de BMX et artiste, Nicolas Charbonneaux était un ambassadeur idéal pour cette dixième édition du Rallye de la Petite reine.

- Publié le 05-09-2022 à 12h14
- Mis à jour le 05-09-2022 à 12h44

Au regard de ses multiples casquettes, on peut dire que Nicolas Charbonneaux (alias Johnny Alone) est l'artiste idéal pour le Rallye de la Petite Reine. À l'image du festival, il mêle sport et culture: c'est un vice-champion de BMX qui a fait carrière pendant plus de vingt ans comme artiste, tournant dans les festivals tant d'arts de la rue que dans les rendez-vous cyclistes. Il joue d'ailleurs régulièrement dans le cadre du podium du Tour de France.
Cette dixième édition du Rallye sera de plus l'occasion pour Nicolas Charbonneaux de retrouver une ambiance qui lui a laissé un excellent souvenir. "Je suis venu en 2018 et, même si cela n'avait pas très bien commencé, j'ai eu la chance de jouer devant un public fabuleux", se rappelle l'acrobate français. "Il pleuvait énormément cette année-là et je devais jouer dans la cour d'une petite école, ce qui était impossible en raison de la météo. On a donc dégagé une salle de classe et fait le spectacle à l'intérieur. Le public, malgré les conditions, a vraiment joué le jeu. La promiscuité a parfois du bon!"
Une édition épique à cause des intempéries dont se souvient aussi Myriam Mariaulle, organisatrice de l'événement pour le CCRM. "Il avait réussi à jouer dans un espace étriqué, à l'étage de l'ancienne école de Deux-Acren (local des guides). Ses acrobaties cyclistes sur un mouchoir de poche étaient spectaculaires."
Un beau moment partagé qui a poussé Nicolas Charbonneaux à répondre positivement à l'invitation du centre culturel lessinois. "Quand on fait du théâtre de rue, il faut savoir s'adapter. Que ce soit au public, à l'espace ou à la météo. Si on ne sait pas s'adapter, on ne fait pas ce métier!"
Une symbiose père-fils
On retrouve cette fois Johnny Alone, non plus seul, mais en duo. Et son partenaire n'est autre que son fils, dans un acte BMX qui met à l'honneur les légendaires bad boys de l'acrobatie cycliste. "Mon fils Eliot m'accompagne depuis qu'il est tout petit sur mes tournées. Il avait toujours son petit vélo et essayait de faire des figures. Durant plusieurs années, il a délaissé le vélo avant de reprendre de manière plus intensive le BMX il y a sept-huit ans." Un entraînement qui a payé. "Il me suivait tout l'été et a fait quelques apparitions dans le spectacle que je jouais en solo pour s'essayer et voir si cela lui plaisait. C'est vraiment ce qui a donné l'impulsion pour qu'il se lance et que l'on travaille ensemble."
Une belle collaboration qui a abouti au spectacle Peaky Bikers, mêlant humour et acrobaties. "Il y a une dimension extraordinaire à faire cela ensemble. La création peut prendre du temps, mais c'est beaucoup plus naturel entre père et fils. Et d'autant plus facile car nous habitons sous le même toit. On peut rapidement retravailler l'une ou l'autre chose."
Des évolutions qui ne manquent d'ailleurs pas de peaufiner le spectacle à chaque représentation. "Dès la première, l'accueil du public a été très bon et nous avons étoffé notre jeu au fil de l'été car nous avons joué dans des configurations très différentes et devant des publics tout aussi singuliers.Nous préférons ne pas avoir une grande structure à déplacer de ville en ville. Le but, pour nous, est d'emmener le public dans notre univers.C'est un spectacle familial et populaire dans le bon sens du terme. Il était aussi essentiel pour nous d'avoir une trame fixe afin d'être bien dans les personnages. Nous sommes partis de l'histoire des Peaky Bikers, célèbres contrebandiers anglais du début du XXe siècle. Voilà d'ailleurs pourquoi nous jouons beaucoup avec des boîtes, comme ils le faisaient au sein des entrepôts à l'époque."
Une histoire de famille qui a renforcé l'envie du centre culturel René Magritte d'accueillir les deux comparses. "Avec sa 10eédition, le Rallye entend marquer son ancrage dans le temps. Une forme de transmission d'une génération à l'autre. Alors, comment ne pas être sensible à cette filiation, à ces deux générations de Peaky Bikers", explique le Centre culturel René Magritte.
Un spectacle en première belge à découvrir grâce au Rallye de la Petite Reine.
