Ce Namurois de 38 ans détenait 75 263 fichiers pédopornographiques : "J'ai honte, c'est inadmissible"
Le Namurois a déclaré qu'il se rendait compte que des enfants avaient été violés et parfois enlevés pour satisfaire le réseau.
- Publié le 16-06-2026 à 14h57
- Mis à jour le 16-06-2026 à 15h02

La cour d'appel de Liège a condamné Geoffrey, un Namurois âgé de 38 ans qui a téléchargé 75 263 fichiers pédopornographiques entre 2022 et 2024, à deux ans de prison avec sursis probatoire et une amende de 4000€ avec sursis partiel.
Le trentenaire a été identifié grâce à l'adresse IP de son ordinateur. Des faits de partage de contenus pédopornographiques ont été dénoncés aux autorités belges. Une perquisition à son domicile a permis de découvrir l'ampleur de son comportement grâce à l'analyse de son matériel informatique. L'intéressé a été interpellé et mis sous mandat d'arrêt pendant 84 jours.
L'individu a avoué passer parfois plus d'une heure à télécharger des viols et des abus sexuels commis sur des mineurs d'âge. En première instance, fin mai 2025, devant le tribunal correctionnel de Dinant, il avait déclaré qu'il consultait ce type de fichiers pour se "rappeler son ex-compagne (NDLR, une jeune femme asiatique) avec qui la relation était terminée depuis peu."
Content qu'on l'ait arrêté
Le parquet de Namur avait requis trois ans de prison avec sursis probatoire et 4000 € d'amende. Le tribunal s'était montré clément en accordant une suspension probatoire. Le parquet avait décidé de former appel de cette décision.
En appel, il a expliqué être tombé petit à petit dans une forme d'addiction: "Je voulais consulter un certain type de fichiers (NDLR, des adolescentes asiatiques). Je devais télécharger beaucoup de fichiers pour tomber dessus. Quand je rentrais chez moi, c'était comme regarder des vidéos sur Youtube. Je passais parfois une heure par jour à télécharger, parfois de manière compulsive. J'ai tenté d'arrêter par moi-même. Il m'arrivait de télécharger des fichiers que je supprimais directement, sans même les avoir consultés. J'essayais aussi de ne pas en télécharger pendant plusieurs jours mais il y avait des petites rechutes."
"Au bout d'un mois ou deux, j'ai commencé à me sentir honteux, mais c'était compliqué, a indiqué le prévenu devant les magistrats de la cour d'appel. J'ai honte, c'est inadmissible. Sur un ordinateur, on croit que rien ne peut nous arriver. Je n'ai aucune excuse. Je suis même content que l'on soit venu m'arrêter. Il y a des réseaux là derrière. Il y a des gens qui se sont fait kidnapper. Je n'ai aucune excuse."
Interrogé concernant la présence d'enfants dans son entourage, le Namurois a précisé que son meilleur ami chez qui il se rend toutes les semaines a trois enfants. "Mais je ne regarde pas les enfants de mon ami, a-t-il déclaré. Je serais le premier à le défendre si je vois un enfant agressé dans la rue", a-t-il répliqué. La présidente lui a fait remarquer que ce n'est pas le comportement qu'il a adopté, au contraire. Elle lui a rappelé que pour assouvir des fantasmes d'aucuns, des enfants étaient abusés sexuellement et violés dans la réalité: "S'il n'y avait pas de demande, il y aurait beaucoup moins d'enfants violés".
Depuis son arrestation, Geoffrey n'aurait plus, selon ses dires, utilisé ni ordinateur ni smartphone.
Ce mardi, la cour d'appel a réformé la suspension du prononcé d'une durée de 5 ans et a décidé d'accorder un sursis probatoire d'une durée de 5 ans à la peine de deux ans de prison qu'elle a infligé au prévenu.
