"Quand je pars, je voyage trois fois"
Tandis que la Picarde des Audax mènera à la forêt de Raismes, son sociétaire André invite à traverser les océans…
- Publié le 22-03-2018 à 06h00

Originaire de Charleroi où il passa l'essentiel de sa jeunesse, André Binon s'est établi dans la région voici une quarantaine d'années s'installant dans l'entité de Belœil avec aujourd'hui un point d'attache aux Écacheries.
Il est également une figure bien connue du Péruwelzis où il a été le gérant de la carrosserie Blue Ribbon.
Rayon sport, pas de lettres de noblesse particulières à inscrire sur son livre d'heures. "J'ai eu quelques pratiques mais toujours de façon tout à fait amateur."
Pris par le travail, il se voyait mal dégager du temps pour le loisir. "La quarantaine passée, comme beaucoup, l'envie de me mettre à la pratique d'un sport s'est faite plus pressante. Je souhaitais me remettre en forme."
Convivialité
Plongé au quotidien dans l'entretien de quatre roues, il opta pour le deux-roues: "J'ai adopté le cyclotourisme qui me semblait être le plus dans mes cordes."
Individuel d'abord, il a ensuite opté pour le panache bleu des Audax tournaisiens dont il porte aujourd'hui fièrement la vareuse à travers le monde: "Je connaissais des gens qui y étaient et de fil en aiguille… Une chose est certaine, je n'ai jamais été déçu par mon choix. C'est un club où je me sens bien. Il est très convivial tout en offrant l'avantage du nombre; tu trouves toujours des gens pour rouler en ta compagnie et à ton allure…"
Épanoui au sein du club, André n'y a jamais pris de charges: "Pas que je ne veuille pas m'impliquer. Mais je suis trop souvent parti en voyage pour pouvoir assumer un poste…"
Routes du Hainaut et Route 66
Car notre interlocuteur a toujours une valise ouverte… "C'est clair que depuis que je suis retraité je pars très souvent. Avec son épouse." Mais aussi et surtout en compagnie de son… vélo. "De cyclotouriste, je suis passé à cyclo-voyageur."
Aujourd'hui, alors qu'il vient d'atteindre la septantaine, André Binon peut déjà vous réciter un long chapelet d'expédition.
Il débuta seul sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, un petit périple de dix jours commencé à Arles avec franchissement des Pyrénées: "Cela n'avait rien de philosophique; c'était un choix guidé par le fait qu'il s'agit d'une route mythique…"
André avait pris le goût du raid qui allait s'amplifier au fil des mois et des ans. Et rapidement, il change de continent pour, avec un groupe de Français, mettre le cap sur l'historique Route 66 aux USA et, entre Chicago et Los Angeles, couvrir une distance de 3 800 km en un peu plus de trois semaines et demie. Il y aura aussi la Nouvelle-Zélande qu'il découvre seul, Madame l'accompagnant à bord d'un motor-home. Puis, l'ouest canadien avec trois semaines de balade autour des grands lacs avec départ et arrivée à Vancouver.
Sur la très longue liste d'expéditions qu'immortalisent autant d'albums soigneusement confectionnés, les perles se multiplient.
Il est parti sur les traces de Kokopelli, haut personnage de la mythologie indienne. Et c'est cette fois en VTT qu'il a attaqué les routes du Colorado en 2006: "J'avais vu un reportage à la télé et, directement, je me suis acheté un vélo tout-terrain tant j'avais été conquis par la beauté des paysages aperçus sur le petit écran…"
