Magrittes 2018: vers un match Streker-Belvaux?
Un an après le couac Joachim Lafosse, les Magritte remettent le couvert. Et autour de la table, il y aura, le 3 février prochain, du beau monde encore jamais récompensé. En première ligne: Stephan Streker ("Noces") et Lucas Belvaux ("Chez nous").

- Publié le 11-01-2018 à 13h58

La publication des nominé.es aux magrittes du cinéma marque, traditionnellement, le coup d'envoi de la saison des récompenses, avantque ne déboulent césars et oscars. Mais bien sûr, qu'on plaisante.
Plus sérieusement, la bienveillante académie André Delvaux a révélé aujourd'hui midi les nominations pour l'édition 2018,qui sera déjà la huitième et aura lieu le 3 février prochain au Square du Mont des Arts. Enfin, "bienveillante" n'est pas forcément le qualificatif le plus adéquat quand on se souvient du palmarès 2017, dont était totalement (et scandaleusement) absent Joachim Lafosse et son Économie du couple, pourtant, et de loin, le meilleur film belge francophone de l'année (voire de ces dix dernières).
Le secret est de polichinelle: la cote de Lafosse dans le milieu n'est pas fort élevée, et c'est un euphémisme. Le casse-tête devrait être moins problématique pour le jury cette année – quoique l'étroitesse dudit milieu rend inévitables les petits trafics d'influence – puisque les noms glissés dans le chapeau sont plus consensuellement appréciés: la lutte pour le magritte du meilleur film devrait ainsi se circonscrire à un duel entre Stephan Streker, pour Noces, et Lucas Belvaux, pour sa fronde anti-extrême droite Chez nous.
Noces et Chez nous sont d'ailleurs les films les plus plébiscités si l'on actionne le compteur à nominations: le premier mène la danse avec huit citations, contre sept au second, et six à Insyriated, production belgo-française que l'on doit à Philippe Van Leeuw, qui raconte le quotidien d'une famille syrienne sous les bombes, et pourrait bien tirer les marrons du feu si les deux favoris venaient à se neutraliser.
Lucie Debay nommée... deux fois

Doede Hoek, de Nabil Ben Yadir, Paris pieds nus, du duo burlesque Abel-Gordon, Le fidèle de Michael Roskam et Grave, de la… Française Julia Ducourneau, sont les autres films les plus plébiscités, avec trois nominations chacun.
Pour Stephan Streker tout comme pour Lucas Belvaux, remporter un magritte "majeur" (réalisateur, film) et marquer cette cérémonie animée par Fabrizio Rongione serait une grande première. Et l'occasion est belle quand, ni les Dardenne, ni Bouli Lanners ne sont cette fois de la partie.
Streker n'a, pour l'heure, été nommée qu'en 2014, édition lors de laquelle son Monde nous appartient avait été devancé, pour le magritte du meilleur film notamment, par le Ernest et Célestine de Patar et Aubier. Et n'avait été distingué que pour la BO d'Ozark Henry, sacrée meilleure musique originale. Pour Belvaux aussi, la besace est légère, et seulement lestée par les magrittes du meilleur scénario original, du meilleur son et de la meilleure actrice (Émilie Duquenne) décrochés en 2015 pour Pas son genre.
Notons encore, pour l'anecdote, que les cinq films choisir pour concourir pour le magritte du meilleur premier film étaient… tous préselectionnés puisqu'ils étaient les seuls sur la ligne de départ. Autre particularité: Lucie Debay est à la fois nommée pour le magritte de la meilleure actrice (King of the Belgians) que pour celui du meilleur second rôle féminin (La confession). Rigolo.
Les nominations, catégorie par catégorie
Meilleur film
Chez nous de Lucas Belvaux, produit par Patrick Quinet (Artemis Productions)
Dode hoek de Nabil Ben Yadir, produit par Nabil Ben Yadir (Antilope joyeuse) et Benoit Roland (Wrong Men)
Insyriated de Philippe Van Leeuw, produit par Guillaume Malandrin (Altitude 100 Production)
Noces de Stephan Streker, produit par Michael Goldberg et Boris Van Gils (Daylight Films)
Paris pieds nus de Dominique Abel et Fiona Gordon, produit par Dominique Abel et Fiona Gordon (Courage Mon Amour)
Meilleur premier film
Even lovers get the blues de Laurent Micheli, produit par Camille Meynard (Grenade), Anton Iffland Stettner et Eva Kuperman (Stenola Productions)
Faut pas lui dire de Solange Cicurel, produit par Diana Elbaum (Entre Chien et Loup)
Je suis resté dans les bois de Michael Bier, Erika Sainte et Vincent Solheid, produit par Marie Besson et Samuel Tilman (Eklektik Productions)
Sonar de Jean-Philippe Martin, produit par Julie Esparbes et Anthony Rey (Helicotronc)
Spit'n'Split de Jerome Vandewattyne, produit par Christele Agnello et Julien Henry (La Film Fabrique)
Magritte de la meilleure réalisation
Chez nous: Lucas Belvaux
Dode hoek: Nabil Ben Yadir
Insyriated: Philippe Van Leeuw
Noces: Stephan Streker
Meilleur film flamand
Cargo de Gilles Coulier, produit par Gilles Coulier, Gilles De Schryver et Wouter Sap (De Wereldvrede)
Home de Fien Troch, produit par Antonino Lombardo (Prime Time)
King of the Belgians de Peter Brosens et Jessica Woodworth, produit par Peter Brosens et Jessica Woodworth (Bo Films)
Le fidèle de Michael R. Roskam, produit par Bart Van Langendonck (Savage Films)
Meilleur film etranger en coproduction
Baccalauréat de Cristian Mungiu, coproduit par Luc et Jean-Pierre Dardenne et Delphine Tomson (Les Films du Fleuve)
Faute d'amour d'Andrei Zviaguintsev, coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne et Delphine Tomson (Les Films du Fleuve)
Grave de Julia Ducournau, coproduit par Jean-Yves Roubin (Frakas Productions)
I, Daniel Blake de Ken Loach, coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne (Les Films du Fleuve)
Meilleur scenario original ou adaptation
Chez nous: Lucas Belvaux
Insyriated: Philippe Van Leeuw
King of the Belgians : Peter Brosens, Jessica Woodworth
Noces: Stephan Streker
Meilleure actrice
Chez nous: Émilie Dequenne
King of the Belgians: Lucie Debay
Ôtez-moi d'un doute: Cécile de France
Paris pieds nus: Fiona Gordon
Meilleur acteur
King of the Belgians: Peter Van Den Begin
L'amant double: Jérémie Renier
Le fidele: Matthias Schoenaerts
Ôtez-moi d'un doute: François Damiens
Meilleure actrice dans un second rôle
La confession: Lucie Debay
La fille de Brest: Isabelle De Hertogh
Noces: Aurora Marion
Une vie: Yolande Moreau
Meilleur acteur dans un second rôle
Chez nous: Patrick Descamps
Dode hoek: David Murgia
Faut pas lui dire: Laurent Capelluto
Le fidele: Jean-Benoît Ugeux
Meilleur espoir féminin
Even lovers get the blues: Adriana Da Fonseca
Happy end: Fantine Harduin
Home: Lena Suijkerbuijk
Mon Ange: Maya Dory
Meilleur espoir masculin
Dode hoek: Soufiane Chilah
Home: Mistral Guidotti
Le passe devant nous: Arieh Worthalter
Sonar: Baptiste Sornin
Meilleure image
Grave: Ruben Impens
Insyriated: Virginie Surdej
Mon Ange: Juliette Van Dormael
Meilleur son
Insyriated: Alek Goose, Paul Heymans
Noces: Olivier Ronval, Michel Schillings
Sonar: Benoît Biral, Félix Blume, Frédéric Meert
Meilleurs décors
Grave: Laurie Colson
Mon Ange: Luc Noël
Noces: Catherine Cosme
Meilleurs costumes
Grave: Elise Ancion
King of the Belgians : Claudine Tychon
Noces : Sophie Van Den Keybus
Meilleure musique originale
Chez nous: Frédéric Vercheval
Insyriated: Jean-Luc Fafchamps
Le fidèle: Raf Keunen
Meilleur montage
Chez nous: Ludo Troch
Home: Nico Leunen
Le fidèle: Alain Dessauvage
Noces: Jérôme Guiot
Paris pieds nus: Sandrine Deegen
Meilleur court-métrage de fiction
Avec Thelma de Raphael Balboni et Ann Sirot, produit par Julie Esparbes (Helicotronc)
Kapitalistis de Pablo Munoz Gomez, produit par David Borgeaud et Erika Meda (Roue Libre Production)
Le film de l'été d'Emmanuel Marre, produit par Sebastien Andres et Olivier Burlet (Michigan Films)
Les petites mains de Remi Allier, produit par Benoit Roland (Wrong men)
Meilleur court-métrage d'animation
69 Sec de Laura Nicolas, produit par l'Atelier de production de La Cambre
La licorne de Remi Durin, produit par Arnaud Demuynck (La Boite,… Productions)
Le lion et le singe de Benoit Feroumont, produit par Guillaume Malandrin (Altitude 100 Production)
Le vent dans les roseaux d'Arnaud Demuynck et Nicolas Liguori, produit par Arnaud Demuynck (La Boite,… Productions)
Meilleur documentaire
Burning out de Jerome le Maire, produit par Arnauld de Battice et Isabelle Truc (AT-Prod)
Les enfants du Hasard de Thierry Michel et Pascal Colson, produit par Christine Pireaux (Les Films de la Passerelle)
La belge histoire du festival de Cannes de Henri de Gerlache, produit par Bernard de Launoit (Alize Production)
Rester vivants de Pauline Beugnies, produit par Laurence Buelens (Rayuela Productions)
