"Maman, je suis nulle"
C'est ce qu'elle écrività sa mère avant de faire une tentative de suicide. Elle avait été violée par son beau-père.
- Publié le 13-10-2017 à 06h00
Dimitri V., 30 ans, actuellement domicilié à Charleroi, a longtemps nié, mais il est passé aux aveux lors d'une audience tendue qui s'est terminée de manière inattendue par trois mots difficilement prononcés par la victime (15 ans aujourd'hui) – "Ça va mieux" – avant de s'écrouler en pleurs dans les bras de sa mère.
Sa présence dans le prétoire n'avait pas été signalée et on imagine donc l'émotion avec laquelle Geneviève (prénom d'emprunt) entendit le rappel du calvaire qu'elle subit à Grez-Doiceau entre juin 2010 et novembre 2015.
Dimitri avait fait la connaissance de sa mère, il l'avait épousée et ils eurent une fille dont la mère a une peur bleue qu'il agisse avec elle comme il s'est comporté avec Geneviève. "Je ne veux pas qu'elle lui tombe dans les mains", explosa-t-elle, le regard haineux envers le prévenu avant que le tribunal n'explique que cette question est du ressort du tribunal de la famille.
Or donc, Dimitri profita notamment de l'absence de la mère, tenue de se trouver aux côtés de leur fille commune dont l'état de santé requérait une présence quasi constante en milieu hospitalier, pour se livrer à des attentats à la pudeur et au viol digital, viol assorti de menaces précises. Il pointait son index en lui disant "Tu sais où il ira." Ignoble.
Geneviève finira par se confier à sa marraine avant d'en parler à sa mère. D'en parler, mais surtout de lui écrire, un mode d'expression qu'elle trouva plus adéquat. "Je ne peux plus le dire, je dois l'écrire. Maman, je suis nulle. Tu ne mérites pas une fille comme moi", écrivit-elle avant de tenter de se suicider.
Me Beauthier qualifia d'"insupportables" les dénégations initiales du prévenu et l'état dans lequel se trouvent encore la victime et sa maman. Tout en reconnaissant le "drame épouvantable" provoqué par son client, Me Chomé épingla les outrances des réseaux sociaux ("Qu'il crève", "Qu'on l'émascule") et plaida un sursis probatoire total alors que la substitute du procureur du Roi Outters venait de requérir quatre ans de prison avec sursis pour moitié.
Jugement le 20 octobre.
