La biomasse domine le renouvelable
Méconnue, la biomasse exploitée en collectivités, fermes et industries couvre l'équivalent des besoins énergétiques de 971 300 ménages.
- Publié le 02-03-2017 à 07h25

Elle est moins connue que le photovoltaïque (4,6% des énergies renouvelables produites en Wallonie), l'éolien (8,5%) et l'hydroélectrique (2%). Pourtant, la production d'énergie à partir de dérivés de bois, d'agrocombustibles ou de biométhanisation issus de déchets organiques voire même d'eaux usées représente environ 82% des énergies renouvelables consommées en Wallonie. Soit quelque 8% de l'énergie totale brûlée (avec les énergies fossiles) pour se chauffer, s'éclairer et circuler (biocarburants).
Pas neuf du tout
"La biomasse ce n'est pas nouveau. Les menuiseries utilisent depuis longtemps leurs déchets de coupe pour alimenter des chaudières et séchoirs à bois. Utiliser des résidus locaux pour produire de l'énergie sur place est vieux comme la nuit des temps", expliquent d'une seule voix Bertrand Auquière et Pierre Martin respectivement manager et chef de projet pour Valbiom. En 12 ans d'existence, le facilitateur bioénergies pour la Wallonie peut être fier de plusieurs réussites. Comme ce réseau de chaleur coopératif au bois dans le village ardennais de Malempré; 43 bâtiments chauffés par une chaudière de 540 kW elle-même alimentée par 1 600 m3 de plaquettes de bois par an. Ou ce mini-réseau de chaleur alimenté au miscanthus pour chauffer un château en Hesbaye, quand ce n'est pas un hôtel qui profite des calories de la biomasse agricole locale.
"L'avantage de la biomasse est qu'il existe plusieurs façons et technologies pour arriver à produire de l'énergie. Elles sont toutes assez souples, peu complexes et fiables", avance Bertrand Auquière.
Pas tout vert non plus, mais…
La biomasse, ce n'est cependant pas tout vert à 100%, même avec des agrocombustibles, du bois-énergie et de la biométhanisation. On ne transforme pas en énergie uniquement des végétaux ou des déchets de la campagne en décomposition comme le ferait sagement le ventre d'un ruminant. Outre la combustion de pellets et plaquettes dégageant malgré tout soufre, oxydes d'azote et particules fines, une fraction des déchets ménagers est aussi transformée par incinération pour finir en Wh thermique et électrique ou sous forme de gaz. Des déchets domestiques organiques, incluant aussi certains bois et plastiques des parcs à conteneurs, qui autrefois, au lieu d'être valorisés en énergie étaient honteusement enfouis dans le sol, avec toutes les conséquences environnementales.
Quelque 14% de nos déchets servent en effet de combustible de substitution dans des centrales de cogénération. Des entreprises produisent ainsi à moindre coût chaleur et électricité; le surplus d'énergie non utilisé peut dans ce cas être réinjecté dans un réseau et revendu.
"L'aspect énergie renouvelable de la biomasse n'a rien à voir avec l'aspect pollution atmosphérique. La haute combustion au-delà de 1000 ° C réduit autant que possible l'émission de particules à travers des filtres", détaille Pierre Martin précisant que ces traitements et transformations s'opèrent aussi dans des centrales de déchets sous contrôle.
Quand on avance le peu de rendement de l'unité 4 de la centrale biomasse des Awirs productrice d'électricité (NDLR: autrefois au charbon), Bertrand Auquière précise qu'elle n'a pas été initialement conçue à cet effet. Au contraire des nouvelles installations, aux cahiers des charges stricts pour encadrer les émissions. Et pour le bois-énergie, on ne prélève que la part en croissance, sans toucher au capital. Rassurant.
