Manifestation du non-marchand à Bruxelles: deux fois plus de manifestants que prévu
Entre 17 000 et 20 000 personnes ont manifesté ce jeudi dans les rues de Bruxelles pour réclamer de meilleures conditions de travail dans le secteur non-marchand.
- Publié le 24-11-2016 à 16h27

Les syndicats n'en attendaient que 10 000. Ils étaient finalement entre 17 000, selon la police, et 20 000 selon les syndicats, à défiler jeudi matin dans les rues de Bruxelles à l'appel du front commun du secteur non-marchand. "Maggie De Block tue la santé". "Métier formidable… Avenir fort minable", les manifestants ont réclamé sous ces slogans une amélioration de leurs conditions de travail. Des délégations ont été reçues par le gouvernement fédéral et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les syndicats se sont montrés déçus et menacent de mener de nouvelles actions. Une rencontre avec le gouvernement flamand doit débuter à 16 h.
"Le secteur du non-marchand promet encore de nouvelles actions avant Noël ou Nouvel An si la ministre de la Santé Maggie De Block reste sur ses positions concernant la fin de carrière", a menacé dans un discours de conclusion, Mark Selleslach, du syndicat chrétien LBC-NVK.
Les entrevues organisées jeudi matin avec les gouvernements fédéral et de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'ont en effet pas convaincu les syndicats.
Critique vis-à-vis du Fédéral…
Une délégation a été tout d'abord reçue à 8 h 30 par les ministres fédéraux de la Santé, Maggie De Block, de l'Emploi et de l'Economie Kris Peeters ainsi que par le Premier ministre Charles Michel au 16, rue de la Loi. "Nous constatons que Maggie De Block prend des mesures négatives pour le personnel, ce que nous voyons comme une déclaration de guerre et qui pourrait mener à des grèves", s'est emporté Yves Hellendorff, secrétaire national CNE, à l'issue de la rencontre. "Le gouvernement nous a promis que des négociations seraient entamées rapidement et a mandaté Maggie de Block et Kris Peeters pour mettre en place un calendrier de discussions", poursuit-il. "Mais aucun budget n'est prévu, ce n'est pas sérieux! ", a renchéri Christian Masai, secrétaire fédéral du Setca. "Sur la fin de carrière, Maggie de Block dit "on peut en discuter", mais là non plus, pas de budget". "Il faudra sans doute d'autres manifestations", a conclu M. Masai.
Le projet de la ministre de la Santé de supprimer l'allègement progressif des fins de carrière dans le secteur ne passe pas. "Au niveau fédéral, nous constatons non seulement qu'il n'y a aucune perspective pour améliorer les conditions de travail et les rémunérations des travailleurs mais, cerise sur le gâteau, nous observons l'apparition de mesures d'économies désastreuses visant notamment les aménagements de fin de carrière pour le personnel le plus âgé déjà bien usé par des conditions de travail très pénibles", a dénoncé Éric Dubois, responsable sectoriel CGSLB.
… et de la Fédération Wallonie-Bruxelles
La réunion avec le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'a pas davantage convaincu les syndicats. "Ce gouvernement est dans la même logique que le fédéral. Il promet l'établissement d'un calendrier de discussions, mais aucun budget n'est prévu", a souligné Christian Masai. "Alors qu'en juin le gouvernement nous avait déjà promis de faire le chiffrage des moyens nécessaires pour l'été passé, nous nous sommes aperçus aujourd'hui qu'il n'avait encore rien commencé! ", a pour sa part regretté Patricia Piette, de la CNE. L'enjeu en Fédération Wallonie-Bruxelles est, selon les syndicats, l'harmonisation des conditions de travail avec celles des travailleurs des autres entités du pays.
Une réunion est prévue avec le gouvernement flamand à 16 h. Les syndicats rencontreront enfin le gouvernement wallon le 9 décembre prochain à 16 h au cabinet du ministre Maxime Prévot à Namur.
Pendant la manifestation, le front commun a également appelé les différents gouvernements à mobiliser les nouvelles marges budgétaires créées grâce au tax shift, qui a permis de réduire le coût du travail.
Outre les syndicats, la manifestation a été soutenue par la Fédération Nationale des Infirmières de Belgique (FNIB) et la Fédération des maisons médicales, qui a dénoncé le moratoire imposé sur ses structures par le gouvernement fédéral.
La manifestation s'est déroulée dans le calme et le cortège s'est dissous vers 14h à la gare de Bruxelles-Central. Peu avant 15h, la circulation automobile était totalement rétablie à Bruxelles, a annoncé la zone de police Bruxelles-Ixelles.
Le non-marchand emploie de 400 000 à 525 000 travailleurs, selon les estimations respectives du Setca et de la CNE. Il couvre des secteurs très divers comme la santé, l'aide à la jeunesse et le socio-culturel.
