Le noble a… disjoncté envers ORES
D'une curiosité naturelle à un branchement illégal, il y a plus qu'un pas, franchi par un septuagénaire qui a volé de l'électricité.
- Publié le 09-11-2016 à 05h00
Il n'en mène pas large, Thierry de T., 72 ans, sur le banc des accusés, poursuivi qu'il est pour vol d'électricité entre juin 2012 et décembre 2015, un vol que la société a évalué à 125 000€ alors que son expert personnel en énergie estime, dans un rapport unilatéral, que le montant doit être ramené aux 80 919€ qu'il a remboursés.
Le prévenu est en aveux. À le suivre, c'est en travaillant dans le jardin de l'ancienne brasserie qu'il occupe à Archennes qu'il fit une découverte sommes toutes assez malencontreuse. "Ma curiosité m'a conduit à la délinquance. J'aurais dû prévenir ORES que le câble était déconnecté. Je ne me rendais pas compte que je volais la société. J'ai complètement disjoncté…"
Un verbe judicieusement mais peut-être involontairement choisi par l'intéressé qui s'autorisa à placer sept boilers électriques au nez et à la barbe de la société qui, informée mystérieusement, installa en décembre 2015 un compteur témoin dans la propriété. En 68 jours, ce compteur détecta 21 628 kilowatts/heure alors que, pour toute une année, le noble en avouait 116 000. Un huissier acta la différence et c'est, in fine, ce qui amena en correctionnelle ce brave septuagénaire qui se qualifie de "délinquant écervelé", une appellation complétée par le substitut Marc Rézette: "Un écervelé sans scrupule puisqu'il transmit durant trois ans un indice de consommation volontairement erroné." Et de s'opposer à l'idée d'une suspension du prononcé pour requérir une peine de huit mois de prison assortie du sursis et une peine d'amende ferme.
Ses avocats Mes de Caritat et Chabeau plaidèrent pourtant cette suspension simple pour ce "patriarche tombé de son piédestal", présenté comme "bricoleur" à ses heures.
