"L'IPPJ, ça ne sert à rien"
Un bûcheron reçoit des coups (prémédités) mais, bon prince, il défend son agresseur accusé, aussi, d'une tentative d'extorsion. Surréaliste.
- Publié le 26-10-2016 à 06h00
Et du surréalisme à la belge à l'audience correctionnelle du 23 septembre dernier. Sur le banc des accusés, Quentin D., 18 ans, qui vit habituellement chez sa mère à Rochefort, mais qui est détenu.
Il est en aveux des coups portés le 8 août 2016 à Lionel, un bûcheron de 57 ans, qui déclare vivre dans une forêt proche de l'avenue Félix Lacourt. Il nie la préméditation alors que, pour l'établir, le parquet fait référence à deux SMS qu'il a envoyés à des copains les 30 juillet et 5 août.
"T'as du scotch? T'as des cordes? T'as des trucs?" Ces trucs pourraient être des stups, mais on ne s'est pas appesanti sur ce dernier volet.
Quant à la tentative d'extorsion. "Je passais chez lui pour causer et écouter de la musique. Son ami avait menacé de me casser la gueule. Il m'a repoussé, j'ai donné quelques coups quand ça a chauffé."
Un témoin affirma que Quentin lui avait dit qu'il allait prendre des tunes à Lionel. "Faux. Il n'a pas un sou", expliqua le prévenu au secours duquel vola Lionel.
"Quentin n'accepte pas les barrières que j'ai mises. Il a sa vie, sa souffrance. Je lui avais dit qu'il pouvait venir chez moi s'il avait des problèmes. Sous certaines contraintes, il ne se contrôle plus. Il n'a pas le respect de l'autorité. Quant à la tentative d'extorsion, c'est faux. Il ne m'a rien demandé."
On était tenté de la croire sur parole. Tout comme on nota les formules de Quentin et de son défenseur Pierre Deutsch. "J'ai connu l'IPPJ, ça ne sert à rien", soutiendra le premier dont le second expliquera les indéniables difficultés scolaires par ce constat, "il n'a même pas réussi à se tourner les pouces avec fruit".
Parquet et avocat se trouvèrent sur la même ligne pour une peine de 200 heures de travail. Le tribunal les a accordées.
