Insécurité à Charleroi : des riverains veulent attaquer la Ville !
Insécurisés par la présence de dealers, des riverains de la Ville haute envisagent d'attaquer en justice la Ville pour "non-assistance à personnes en danger".
- Publié le 19-09-2016 à 23h59

Faire condamner Charleroi pour "non-assistance à personnes en danger". Des riverains du quartier de l'îlot Bertrand, à la Ville Haute, à deux pas de l'hôtel de ville, vont étudier la possibilité d'introduire une action en ce sens.
"Un rendez-vous est pris chez l'avocat ce mercredi", indique Lofti Ben Slama, propriétaire d'un immeuble à la rue des Gardes. Il estime que les promesses du bourgmestre d'améliorer la sécurité dans le quartier ne sont pas à la mesure des attentes citoyennes. "Si ce n'est pas mieux qu'avant, c'est peut-être même pire", laisse-t-il même entendre.
"Rien n'a changé"
Peu avant les vacances, le bourgmestre Paul Magnette avait annoncé une offensive musclée pour faire respecter l'ordre public: 900 000€ étaient affectés au financement de 52 000 heures supplémentaires afin de renforcer les contrôles, la présence policière, les opérations antidrogue. "Quatre mois plus tard, rien n'a changé", estiment les riverains. L'insécurité est toujours aussi prégnante, disent-ils. "Les dealers continuent à aller et venir, ils sont redevenus maîtres du terrain." Lofti Ben Slama dit avoir constaté une amélioration dans les semaines qui ont suivi l'annonce médiatique. Mais depuis, le soufflé est retombé. D'où l'intention d'intenter une action devant le tribunal.
Le radicalisme pointé
"J'avais prédit l'agression des deux policières, affirme Lofti Ben Slama. J'en avais fait part à un commissaire de police lors d'une entrevue, en lui disant qu'un jour ou l'autre, un délinquant en séjour illégal s'en prendrait à " un mécréant " au cri de " Allahu akbar ". Deux de ses collègues en ont payé le prix fort." Selon lui, "le radicalisme trouve un terreau fertile chez les gens fragilisés intellectuellement, habitués à la violence et souvent armés. Or, c'est bien le genre de faune qui sévit dans notre quartier."
Lors du conseil communal de la semaine prochaine, Luc Parmentier (Écolo) a déposé une interpellation pour savoir où en est le plan d'action de la police. Pas de réaction de son côté: c'est le cabinet du bourgmestre qui communique sur ce dossier.
