Une recherche contre le cancer qui aide doublement le Sud
Deux chercheurs de l'UCL ont versé à Louvain Coopération les revenus liés à la création d'un scanner. De plus, il pourrait être utilisé dans les pays du Sud.

- Publié le 23-07-2016 à 08h43

Benoît Macq, professeur au pôle d'ingénierie électrique de l'UCL, et le docteur Jonathan Orban de Xivry ont rétrocédé à Louvain Coopération, l'ONG universitaire, les royalties qui leur revenaient dans le cadre du projet de recherche ImagX. Soit 15 000€ qui viendront aider Louvain Coopération à financer ses projets. "Une démarche inédite et très positive", salue l'ONG.
Benoît Macq: "Une partie des royalties revenait à l'UCL, une autre à la Sopartec (NDLR: la société de transfert de technologie et d'investissement de l'université), une autre au laboratoire et la dernière partie aux inventeurs, à savoir Jonathan et moi. Mais cette recherche était surtout le fruit d'un travail collectif. Nous étions donc gênés et avons décidé d'offrir cet argent à Louvain Coopération."
ImagX est un partenariat public-privé entre IBA, société néolouvaniste, l'UCL et la Région wallonne. Il vise à améliorer le traitement contre le cancer. "Nous avons travaillé quatre ans pour mettre au point un mini-scanner à installer dans un appareil de protonthérapie, ce qui permet à ce dernier d'être plus performant", précise le professeur.
Un scanner pour les pays en voie de développement
Le système d'imagerie mis au point, appelé Cone Beam CT, permet de guider la protonthérapie grâce à des images 3D prises en temps réel. Les médecins peuvent donc cibler très précisément l'endroit et l'instant d'envoi des doses de protons destinées à combattre une tumeur.
En septembre 2014, un premier patient a bénéficié de cette technologie à l'université de Pennsylvanie, à Philadelphie (États-Unis).
Cette recherche bénéficiera aussi au pays en voie de développement. "Le scanner que nous avons conçu est robuste, facile à entretenir et économe en énergie."
Il pourrait donc convenir pour des villes de 200 000 à 300 000 personnes dans des pays en voie de développement. Il servirait à la fois de scanner et d'appareil de radiographie traditionnel.
"Il faut savoir que de généreux donateurs envoient dans ces pays des appareils très performants mais qui après deux mois ne fonctionnent plus, faute de pièces de rechange en cas de pièces défectueuses, notamment. Certains ne sont même jamais mis en route car trop gourmand en énergie. Nous tentons maintenant de mettre au point un prototype que nous espérons fonctionnel pour février 2017. Il aura des batteries qui permettront à l'appareil de rester opérationnel lors des coupures d'électricité, les villes n'ayant souvent de l'électricité que par intermittence. Nous essayons aussi de trouver des sites pour le tester."
Dans ce cadre, l'aide de Louvain Coopération pourra s'avérer utile. "L'ONG mène des actions dans l'Afrique des Grands Lacs et travaille notamment avec un chirurgien là-bas qui nous a confirmé l'intérêt pour ce type de technologie."
