Mauvaise nouvelle: le satellite liégeois Oufti a disparu dans l'espace
On est sans nouvelles du nanosatellite liégeois Oufti-1, envoyé fin avril dans l'espace. L'ULg confirme avoir perdu le contact.
- Publié le 14-06-2016 à 16h40

Sans signe de vie du nanosatellite Oufti-1, développé par l'université de Liège (ULg), depuis le 7 mai, le Pr Gaëtan Kerschen, membre du département aérospatial mécanique de l'ULg, a confié à l'agence Belga mardi que même s'il était assez pessimiste, "tout espoir n'est pas perdu". Le premier "satellite" belge avait été envoyé dans l'espace le 25 avril depuis le Centre spatial guyanais de Kourou.
Depuis le 7 mai, la balise de code Morse de Oufti-1, dont les transmissions étaient jusque-là reçues avec succès sur Terre par de nombreux radios-amateurs, est devenue silencieuse. L'équipe du projet aérospatial liégeois a alors multiplié les tentatives mais le satellite n'a répondu à aucune de celles-ci.
Sans nouvelles depuis le 7 mai
"Du jour au lendemain, nous n'avons plus eu de contact avec Oufti-1", explique le Pr Gaëtan Kerschen. "Nous avons essayé de lui envoyer des télécommandes à partir de la station sol principale à l'Université de Liège. Nous avons répété ces essais pendant plusieurs semaines mais la balise Morse a continué à rester silencieuse."
Le 3 juin, l'équipe a décidé d'envoyer des télécommandes à partir d'une autre station sol (Von Karman Institute for Fluid Dynamics) située près de Bruxelles. Oufti-1 (acronyme pour Orbital Utility For Telecommunication Innovations) n'a répondu à aucune de ces télécommandes. Plusieurs hypothèses sont plausibles afin de déterminer la nature du problème rencontré par le nanosatellite, conçu à l'origine pour avoir une durée de vie opérationnelle d'environ deux ans.
"Depuis la Terre, il est compliqué d'avancer des explications précises", confirme le Pr Gaëtan Kerschen. "Des dommages sur l'électronique à la suite des radiations solaires ou bien le dysfonctionnement d'un composant durant le comportement d'Oufti-1 en orbite sont les hypothèses les plus probables. Une remise à zéro (un reboot) des systèmes de bord pourrait rétablir les communications mais nous n'avons eu aucun signe de cette opération. À présent, nous avons tout essayé, il faut espérer un réveil…"
Malgré ce problème technique qui pourrait signifier la fin d'Oufti-1, le projet a atteint ses principaux objectifs.
"À la base, il s'agissait d'abord d'une expérience éducative", indique le Pr Gaëtan Kerschen. "Le lancement d'Oufti-1 à bord de la fusée Soyouz était déjà un succès. Nous sommes également satisfaits de son fonctionnement pendant près de trois semaines. Bien sûr, l'équipe est un peu déçue suite à la perte de signal mais cela reste une belle aventure. L'ULg pense déjà à un éventuel Oufti-2."
Oufti-1, équipé d'une multitude de technologies de pointe (panneaux solaires, batterie avec régulation technique, système de télécommunication, etc.), a été mis en orbite afin de remplir deux missions. La première était de servir de relais dans l'espace pour les radio-amateurs utilisant le système de télécommunication numérique D-STAR. La seconde était de tester de nouvelles cellules solaires à haut rendement.
