Le calvaire de sa fille a duré sept ans

Cinq ans de prison dont un an ferme. Stéphane S. a violé sa propre fille entre 6 et 13 ans. Une gamine désormais détruite.

Le calvaire de sa fille a duré sept ans
Le chef de corps de la police de Waremme Daniel François et son commissaire Alain Michelet tribunal correctionnel de Liège, sandra koch ©EdA - Heymans

L'impunité de Stéphane S. cesse enfin en novembre 2013. Il fera trois mois de préventive. La dénonciation est venue de sa sœur. Cette dernière a eu vent des confidences inaudibles faites par sa jeune nièce à une amie. La gamine, alors âgée de 14 ans, refuse de déposer plainte contre son géniteur. Elle raconte qu'elle a subi des attouchements pour la première fois à l'âge de 6 ans. Ensuite, les choses ont été crescendo jusqu'à des viols complets à de nombreuses reprises jusqu'à ses 13 ans.

À entendre Stéphane S., les premiers attouchements sont survenus malencontreusement dans le lit un matin où il était mal réveillé et aurait confondu femme et fille… "À l'insu de son plein gré", selon l'expression consacrée. Le tribunal ne l'a pas cru.

Pour le reste, le prévenu a reconnu avoir violé sa fille à de multiples reprises entre 10 et 13 ans. Cela se passait toujours lorsque sa femme s'absentait. La maman de la jeune victime ne s'est rendu compte de rien. C'est ce qu'elle a toujours maintenu. Sa fille, n'a pas dit autre chose. Le couple est aujourd'hui divorcé.

L'adolescente, désormais âgée de 15 ans, a fait plusieurs tentatives de suicide, des séjours en institutions spécialisées et nourrit un terrible sentiment de culpabilité. Aux enquêteurs, elle dira avoir eu l'impression d'être un jouet pour son père. Au début, elle était trop petite pour savoir que ce n'était pas bien. Son père lui a dit que c'était un secret.

Le prévenu a admis avoir créé une confusion affective avec sa fille. La limite intergénérationnelle a été altérée, et la pédophilie s'est installée.

Dans son jugement, le tribunal a pointé un comportement immoral et brutal, et les conséquences dramatiques pour la jeune victime. Il a condamné Stéphane S. à cinq ans d'emprisonnement, assorti d'un sursis probatoire de cinq ans pour ce qui excède 4 ans d'emprisonnement. Parmi les conditions imposées, celle de poursuivre la thérapie spécialisée entreprise au centre Van Gogh.

Il écope également d'une interdiction de dix ans concernant des activités liées à l'enseignement ou toute association dont l'activité concerne à titre principal des mineurs.

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