Comme un carton d'invitation pour 2018
L'option prise par Écolo d'une majorité absolue pour le reste de la législature sème le terrain des communales 2018. Qui récoltera?

- Publié le 16-10-2015 à 06h00

La cohérence de gestion tracée à Amay depuis 2006 et la priorité aux compétences des futurs échevins (Catherine Delhez, Corinne Borgnet, Daniel Delvaux) et nouveau président de CPAS (Luc Mélon), arrivent en première ligne d'Écolo pour justifier l'option d'un cavalier seul d'ici 2018. Quelle qu'ait été la formule choisie par Écolo pour traverser cette deuxième moitié de législature suite à ce grand remaniement du collège dicté par trois démissions, le constat aurait été le même. La perspective à mi-parcours des élections communales aura, à tout le moins, plané sur les débats en assemblée générale des Verts amaytois. Car si mettre un terme à l'alliance avec Amay Plus (qui avait la présidence du CPAS) est un choix, ne pas embarquer le PS (actuellement dans l'opposition) en est un autre puisque Jean-Michel Javaux avait laissé cette porte ouverte. Par crainte d'une partie des troupes écolos de remettre les socialistes en selle pour le rendez-vous des communales 2018?
Le bourgmestre n'a pas vraiment répondu à la question en renvoyant plutôt au "signal pour montrer à tout le monde qu'Écolo n'est marié à vie avec personne". Et comme "Écolo n'a pas dans ses gênes de privilégier la majorité absolue", il n'est pas exclu – si les votes devaient lui être à nouveau très favorables – qu'il reparte en noces avec un partenaire après les trois années de célibat qui s'annoncent.
Seule la vérité des urnes l'autorisera en 2018, mais à trois ans du rendez-vous, un boulevard pour une alliance Écolo-PS vient peut-être de s'ouvrir à Amay. Chose impensable, il y a quelques années, entre les ennemis de toujours incarnés par un duel de fortes personnalités (Collignon père vs Javaux). Le climat n'est peut-être pas tropical, mais il a depuis gagné au thermomètre des échanges avec une nouvelle génération d'élus socialistes dans l'esprit d'une opposition constructive (ou "mollassonne" regretteront, a contrario, les camarades nostalgiques de l'empire Collignon)."On se doutait qu'Écolo allait faire cavalier seul et cela n'est pas spécialement une déception, commente aujourd'hui Raphaël Torreborre, chef de groupe PS au conseil. Nous n'avons pas reçu de demande de concertation. De toute façon, si c'était pour reprendre les postes les plus problématiques… On va continuer dans notre opposition constructive et nous verrons ce qui se passera dans trois ans."
Le discours transpire par contre l'amertume du côté d'Amay Plus et de son seul élu Benoît Tilman renvoyé dans l'opposition à partir du 4 décembre. "Le groupe Écolo a décidé, d'une manière unilatérale, de rompre l'accord de majorité existant depuis 2006 et reconduit en 2012. On le déplore d'autant plus qu'un accord vaut pour toute la durée d'une mandature en règle générale… L'impact sur 2018 de cette refonte du collège est difficile à anticiper. Nous verrons dans les semaines et mois à venir, notamment auprès de la population… Mais, nous allons forger une liste pluraliste et ouverte pour 2018."
Le "carton d'invitation" à dessiner par Écolo n'a pas encore de destinataire attitré. Mais, on devine le PS tranquillement installé dans le fauteuil de la favorite pas forcément farouche. D'autant que le manque de profils autour de la personne d'un Benoît Tilman peu présent au conseil pour obligations professionnelles (et qui n'a visiblement pas rassuré Écolo sur sa capacité à libérer la disponibilité requise pour assumer un échevinat), a pénalisé Amay Plus dans cet important virage à mi-législature. "J'attendrai l'assemblée générale de notre structure, ce dimanche, avant de communiquer davantage", contre Benoît Tilman qui s'évertue à véhiculer l'idée d'un groupe.
Sans le crier haut et fort, on prépare déjà ses pions à Amay où les spéculations d'aujourd'hui ne seront peut-être pas les vérités de 2018, s'il y a lieu pour certaines familles politiques de collaborer. D'ailleurs, on ne peut même pas écarter un (incroyable) retour du cdH du diable Vauvert, ou une apparition du PTB dans un terreau mosan propice, pour venir brouiller la liste des invités à la table d'éventuelles négociations. Mais, le moment venu, il y a fort à parier qu'on se souviendra de cet automne 2015 comme d'un moment-clé.
