Cinq mille fois "Nuts" à la fermeture de la caserne militaire
Aucune décision officielle n'est tombée, mais suite aux rumeurs, militaires et civils se mobilisent pour défendre la caserne et son musée.

- Publié le 05-02-2015 à 05h00

Le bruit a été lancé en novembre, la caserne militaire de Bastogne est menacée de disparition. Depuis, les indicateurs semblent plutôt négatifs même si personne n'a confirmé ou démenti officiellement la rumeur. "Nous sommes tous inquiets, mais nous n'avons aucune info en dehors des bruits dans la presse, regrette l'adjudant Didier Giorgetti. Il faudra attendre fin mars voire début avril pour connaître le contenu exact du plan de restructuration". Mais les militaires de la base bastognarde ont décidé de ne pas attendre que l'éventuel couperet soit tombé pour se mobiliser face à la menace. Leur arme? Facebook. "Nous avons créé une page Facebook, "Bastogne Barracks doit survivre ", précise l'adjudant bastognard. Ce n'est ni une mutinerie, ni une pétition, c'est une sorte de livre d'or. Nous invitons tous les Bastognards ainsi que les visiteurs belges et étrangers à se prendre en photo avec un panneau sur lequel est écrit "Nuts". Puis à poster la photo sur notre mur. Notre page compte déjà plus de 2 500 "j'aime" avec énormément de photos, venant de différents pays. Nous essayons de conscientiser les visiteurs et les habitants sur le risque et nous espérons que l'élan va se propager. Sachez que le panneau est téléchargeable sur notre page".
Surtout que la fermeture de la caserne signifierait évidemment la disparition du Bastogne Barracks, le centre d'interprétation de la Seconde Guerre mondiale. "Ce serait dommage pour le patrimoine et pour le devoir de mémoire qui est énorme à l'heure actuelle, déplore Didier Georgetti. Nous comptons plus de 26 000 visiteurs annuels et nous en avons encore reçu 12 000 personnes lors des "Nuts Days" en décembre. Puis, surtout, c'est un haut lieu de tradition. Ce qui caractérise un centre d'interprétation, contrairement à un musée, c'est que les événements historiques se sont passés à cet endroit. Mc Auliffe a réellement été dans ces murs, a partagé son repas de Noël dans la salle qui reconstitue la scène. Les murs transpirent l'histoire et ça, ce sera impossible à retrouver ailleurs".
La pétition vient de civils
À côté de la page Facebook, une pétition en ligne, "Ne fermez pas la Base Bastogne" a été lancée. De quoi ravir les militaires bastognards qui n'ont pourtant rien à voir avec cette initiative. "Non, cela ne vient pas de nous, souligne l'adjudant. C'est un groupe de civils qui ont décidé de se battre en lançant cette pétition. Cela nous fait tout de même plaisir de voir la mobilisation pour conscientiser et nous soutenir".
Elle a déjà reçu plus de 5 000 signatures depuis son lancement le 13 janvier. Un coup d'œil aux quelques commentaires montre en tout cas que le débat préoccupe au-delà de nos frontières. Ainsi un Américain a posté: "Mon père était un des "Bastards of Bastogne". Il a servi vaillamment pour sauver votre pays. SVP, gardez la base ouverte à des fins historiques".
Les Bastognards ne manquent pas d'arguments, mais seront-ils entendus par le ministre de la Défense Steve Vandeput? Rien n'est moins sûr.
