BELGIQUE

Charles Michel rappelle son porte-parole à l’ordre

Frédéric Cauderlier (à droite) a réfuté toute tentative d’intimidation. Charles Michel a tout de même annoncé l’avoir rappelé à l’ordre.
Frédéric Cauderlier (à droite) a réfuté toute tentative d’intimidation. Charles Michel a tout de même annoncé l’avoir rappelé à l’ordre.-Belga

Le Premier ministre a réagi à la polémique qui entoure son porte-parole.

La liberté de la presse est absolue, a affirmé ce lundi soir le Premier ministre Charles Michel à l’agence Belga à propos de l’incident qui a opposé la semaine dernière son porte-parole à une équipe de la RTBF. Il a ajouté qu’il l’avait «rappelé à l’ordre «pour des propos «inacceptables».

Ce recadrage intervient après la polémique née après la diffusion d’un reportage de l’émission 7 à la Une samedi sur la RTBF. La séquence a été tournée mardi dernier en marge de la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan à Bruxelles. On y voyait notamment un journaliste de la chaîne publique tenter d’interpeller le Premier ministre, mais sans succès. Puis, alors qu‘Erdogan s’installait dans sa voiture officielle, une autre journaliste de la RTBF, Aline Delvoye, lui demander pourquoi le journaliste Mohammed Ismael Rasool était toujours détenu en Turquie. Sans aucune réponse. Dans la foulée, le porte-parole de l’ambassade de Turquie à Bruxelles, Veysel Filiz, a été filmé en train de commenter les «incidents» avec l’attachée de presse de Charles Michel, Aurélie Czekalski. Cette dernière lance une première menace au journaliste de la RTBF: «J’enverrai un mail à Jean-Pierre Jacqmin (le directeur de l’information de la chaîne publique, NDLR). Si ça passe, on a un sérieux problème». Le porte-parole de Michel, Frédéric Cauderlier, a ensuite «menacé» à son tour Tristan Godaert: «Le truc n’a pas intérêt à passer sur antenne. C’est clair? Si elle (NDLR: Aurélie Czekalski) est dans le sujet, c’est une erreur grave et ça ne restera pas sans suites. Tu as envie de travailler comme ça? Continue à travailler comme ça, mais ça ne durera pas longtemps avec nous. Je te le dis franchement», l’entend-on dire.

Suite à ce reportage, la Fédération européenne des journalistes (FEJ) a rapidement dénoncé auprès du Conseil de l’Europe les « tentatives d’intimidation répétées » du cabinet du Premier ministre belge. Le principal intéressé a quant à lui réfuté toute tentative d’intimidation, soulignant avoir voulu protéger le droit à l’image d’une collaboratrice du cabinet.