Le fort militaire Saint-Héribert continue à sortir de terre
Après une première campagne d'excavations, l'ancien fort Saint-Héribert continue à sortir de terre. Il se visitera ce dimanche. Leurs propriétaires sont de Nil-Saint-Vincent.
- Publié le 26-07-2015 à 14h02

On le pensait perdu dans les limbes de l'histoire. Désaffecté après avoir subi l'assaut à deux reprises des troupes allemandes en 1914 et 1940, le fort de Saint-Héribert retrouve quelques couleurs, sur les hauteurs de Wépion. Quelques passionnés, autour du propriétaire Émile Legros, originaire de Nil-Saint-Vincent, et de sa fille Françoise tentent de le faire sortir de l'oubli.
Un défi pas mince quand on se souvient que le site du fort a servi, pendant des années, de décharge pour plusieurs communes du Grand Namur.
Depuis un an, le propriétaire du bois et par conséquent du fort déblaie le site. L'an dernier, la poterne avait été dégagée et le chemin d'accès reconstitué. À l'intérieur du fort, encore relativement bien préservé, des salles avaient été dégagées et l'électricité placée, ce qui avait permis à pas loin d'un millier de visiteurs de pénétrer pour la première fois dans les entrailles du fort.
Émile Legros et sa fille ne veulent pas que cette initiative reste sans suite.
En 2015, avec les moyens du bord, ils ont remis le couvert. De nouveaux travaux d'excavation sont en cours. Une grue évacue actuellement les terres du quadrilatère, situé entre la poterne et le massif central du fort. Les terres ainsi déblayées ont été déplacées à droite du chemin d'accès de la poterne, et le tout a été engazonné.
Ce travail spectaculaire devrait permettre de mettre au jour la partie inférieure du fort, aménagée sous le fort de 1914 par les Allemands lors de la seconde guerre mondiale, explique Françoise Legros. Les travaux ne seront cependant pas terminés pour la visite programmée ce dimanche. Celle-ci se déroulera dimanche à 14 h, sous la conduite de guides, tandis que le site sera accessible de 10hà 17 h.
À ces travaux d'excavation s'ajoutent d'autres consolidations, comme la remise en état du poste de garde, la pose d'un grillage ou de deux cylindres rappelant les anciennes tourelles d'observation placées au-dessus du massif central. L'apport de Jean-Marie Brams et Pascal D'Haens a été de ce point de vue très précieux, mais les bras manquent: un appel aux bénévoles est donc lancé.
L'ancienne caserne
En dégageant les abords du fort, les propriétaires sont aussi tombés sur les fondations en béton de l'ancienne caserne en planches qui hébergeait la troupe en période de paix. Ces fondations, de 37 m sur 12, donnent une idée de l'importance de ce bâtiment, construit en bois pour pouvoir facilement être brûlé en cas de guerre.
Ces découvertes, la famille Legros veut les partager avec le public. Ce dimanche 26 juillet, le fort Saint-Héribert ouvrira ses portes. Ce ne sera pas la seule date. " Nous aimerions que le site soit accessible une fois par mois, le quatrième dimanche du mois", explique Françoise Legros. D'autres dates sont déjà programmées les 23 août, le 27 septembre et le 25 octobre.
À plus long terme, les propriétaires nourrissent des projets plus ambitieux. "Sur les fondations, on aimerait pouvoir reconstruire la cabane en bois à l'identique, explique Françoise Legros. On pourrait y installer l'accueil, y aménager un petit musée du fort". Au-delà de l'aspect strictement patrimonial, Françoise Legros aimerait mettre en valeur le patrimoine naturel du site boisé. On le voit, les idées ne manquent pas, reste à trouver les moyens de les concrétiser.
