Pour enfin sortir de l'indivision
Ce n'est pas de gaieté de coeur que le marquis Charles de Trazegnies mettra en vente le château familial. Mais il veut sortir de l'indivision.
- Publié le 04-03-2008 à 10h00
Cha rles de Trazegnies est le frère d'Olivier de Trazegnies. Il est, avec sa soeur la marquise Pascale de Trazegnies l'un des trois propriétaires de la forteresse médiévale de Corroy-le-Château.
Le château sera prochainement mis en vente. C'est à ce jour l'unique solution qui se dégage, après des années de mésentente familiale entre les héritiers de feu le marquis Jean de Trazegnies, qui détiennent le bien en indivision, tandis que la maman, Marie-Claire Nothomb, en exerce l'usufruit.
Les parties sont en litige, et ce depuis plus de 11 ans, comme nous l'expliquions dans notre édition de samedi. Et à la lecture de cet article, le marquis Charles de Trazegnies a souhaité apporter son éclairage du dossier. Le marquis Charles de Trazegnies est le père de quatre enfants appelés à s'inscrire dans la longue lignée des de Trazegnies d'Ittre, quelle que soit l'issue de la vente du château familial.
"La vente du château de Corroy est la conséquence d'une décision de justice rendue par la Cour d'appel de Liège, explique-t-il. On ne peut forcer personne à rester dans une indivision. Surtout une indivision où tous les avoirs de la famille sont confisquéspar une partie des héritiers. La loi belge qui dit que le conjoint survivant est usufruitier des biens est une très bonne loi pour les biens ordinaires. Par contre, pour les biens qui sortent de l'ordinaire, c'est une très mauvaise loi. Cela donne à une personne le pouvoir total de faire ce qu'elle veut, hormis abîmer le bien.".
Le notaire confirmé
À Corroy, le château est occupé par le marquis Olivier de Trazegnies, tandis que Marie-Claire Nothomb y est domiciliée. Cette situation particulière résulte de l'usufruit dont bénéficie l'épouse de feu Jean de Trazegnies.
"Ce jugement rendu récemment par la Cour d'appel est extrêmement dur pour mon frère, ajoute Charles de Trazegnies. La Cour d'appel ne rencontre pas ses arguments. Le notaire Philips, chargé de la vente, est confirmé dans sa mission. Désormais, c'est le notaire Philips et l'agence Victoire qui décident de tout. Nous, nous n'avons rien à dire".
Contrairement à 2004, la vente semble donc inéluctable. "Le fait que le château et le parc sont classés n'est pas forcément un handicap, plaide Charles de Trazegnies. Le classement ouvre la possibilité d'un subside des autorités publiques. C'est aussi une garantie qu'on ne touchera pas au château".
Le marquis Charles de Trazegnies n'estime également pas vexatoire le fait de voir figurer, sur les affiches de vente, l'âge de l'usufruitière. "Je n'y vois pas d'humiliation. Quand on est intéressé par l'achat en viager d'un bien de caractère aussi exceptionnel que ce château, c'est un élément très important de savoir si la personne bénéficiaire de l'usufruit est âgée de 65 ans ou de 90 ans".
Dans ce dossier, Charles reproche enfin à son frère Olivier de se poser sans cesse en victime : "Nous avons tout essayé par la négociation, mais chaque partie doit mettre un peu d'eau dans son vin et non pas agir pour faire traîner la procédure.C'est à contrecoeur que nous vendons le château. Ce n'était pas notre but mais le seul moyen de pression, c'était la sortie de l'indivision. Aujourd'hui, nous sommes dans la situation qu'après 15 ans de procédure, rien n'a bougé d'un iota."
L'incertitude pire que la douleur
Ce point de vue, le marquis Olivier de Trazegnies ne le partage absolument pas. Dans un courriel qu'il nous adresse, le marquis Olivier de Trazegnies nous prie de signaler "que, depuis 2001, contrairement à ce que nous avions écrit, c'est lui qui use de tous les moyens de Droit pour accélérer la procédure de vente du château de Corroy afin que cette pénible affaire soit clôturée au plus vite. Même si la vente en tant que telle est une grande douleur pour lui, l'incertitude et l'attente sont encore pires."
