La psychiatrie au chevet des petits
Un projet pilote a intégré le service de pédiatrie du CHRN. Pour une prise en charge concertée et multidisciplinaire du jeune patient.
- Publié le 19-11-2013 à 07h38

Depuis la rentrée, le service de pédiatrie du CHR Namur accueille en ses murs L'Entre-Faces, un service d'hospitalisation pour les 0 à 15 ans qui présentent des troubles psychopathologiques ou liés au développement. Au CHR, cela fait une dizaine d'années que l'on planche sur le projet. Parce qu'il correspondait à un besoin réel, mais aussi parce qu'il fallait que le dossier soit suffisamment bétonné pour répondre de manière optimale à la demande.
"Le réseau est saturé, explique Sophie Gourdange, pédopsychiatre et membre de l'équipe. Il fallait souvent attendre plusieurs mois pour une admission. Il existe une demande de plus en plus pressante pour un accueil dans la crise." Des faits qui, précise-t-on, se font de plus en plus fréquents.
Autre difficulté: l'absence d'accueil pour les enfants en bas âge. À quoi s'ajoute – dans certains cas – le placement d'enfants dans une unité psychiatrique pour adultes.
C'est pour pallier ces lacunes que l'Entre-Faces a été conçu. La prise en charge pédopsychiatrique se fait au sein même du service pédiatrie. Sur les 34 lits, 4 ont été réservés à cet effet. "On y rencontre la notion de proximité, commente Sandrine Gillet, psychologue. C'est un endroit plus rassurant, plus maternant."
La prise en charge est faite rapidement, "dans l'aigu", que ce soit dans le cadre de tentative de suicide ou de maltraitance. La période du séjour est, pour sa part, revue à la baisse. Elle s'étend de 5 à 15 jours. " Le jeune reçoit un programme journalier où sont reprises les différentes activités, qu'elles soient individuelles ou collectives." Une période où les contacts avec les intervenants qui font partie de l'environnement de l'enfant sont fréquents.
Autre particularité de cette nouvelle structure : l'approche multidisciplinaire. Chaque membre de l'équipe – pédiatres, infirmières, psychologues, enseignants,… – apporte son expertise et communique afin d'apporter la réponse la plus adéquate à l'enfant. C'est ainsi que l'on retrouve, parmi les objectifs poursuivis, outre la réalisation de bilans psycho-médico-sociaux, le développement d'amorces thérapeutiques.
Pour l'heure, et contrairement à d'autres hôpitaux qui ont développé un service pédopsychiatrique propre, ce projet pilote ne reçoit pas d'aides financières. Du côté du CHR de Namur, on ne désespère pas que cette situation évolue de manière favorable. Depuis son ouverture, sa raison d'être ne fait d'ailleurs plus aucun doute.
