À la découverte de la zoothérapie: la thérapie par le biais de l'animal
Récemment inauguré,le centre IZIS, situé à Limelette, propose la zoothérapie: la thérapie par la médiation animale. Découverte.
- Publié le 07-06-2014 à 06h00

Encore relativement méconnue en Belgique, la zoothérapie pointe le bout de son nez en Brabant wallon où le centre IZIS a fraîchement été inauguré, à Limelette.
"La zoothérapie est une technique thérapeutique qui permet d'offrir une aide particulière à des enfants, voire des adultes, souffrant de difficultés relationnelles, psychologiques émotionnelles ou liées à un handicap et ce par le biais d'activités avec des animaux, explique Daphné Stadnik, psychologue, psychothérapeute, spécialiste de la médiation animale et responsable du centre Izis. Nous travaillons avec des personnes handicapées, autistes. Nous accueillons également des adolescents qui se cherchent ou des adultes souffrant de troubles psychiques ou psychiatriques."
Un chien, deux chats, deux lapins et quatre poules séjournent actuellement dans un petit coin de paradis, aménagé à l'arrière du jardin de Daphné Stadnik. Fin mai, Patrick, 15 ans, franchit la porte du centre pour la première fois. "Moi, je suis là parce que je suis en décrochage scolaire. Quand j'ai été sur le site, j'ai trouvé cet endroit merveilleux. Comme j'adore les chiens et jouer avec eux, je me suis dit que ce serait chouette de venir. Les animaux sont super bien ici. Ça me fait du bien, ça me change les idées. Être avec eux est la chose la plus merveilleuse", sourit-il timidement, avant de lancer la balle à Yuki, berger suisse blanc.
"Avec les gens qui manquent de confiance ou qui ont besoin de s'affirmer, on travaille sur l'éducation du chien. Cela demande d'être ferme, clair dans ses énoncés", explique Daphné Stadnik.
Jeux, conversations, balades, les séances de zoothérapie durent en moyenne une heure. Daphné estime qu' "il faut minimum dix séances pour atteindre les objectifs fixés." Une séance coûte en moyenne 30€/heure.
Avec les animaux à l'hôpital
"Les ados et les enfants parviennent plus facilement à libérer leur parole dans un cadre comme celui-ci, en jouant avec les animaux que sur un canapé, chez le psy", souligne la psychothérapeute.
Un peu plus loin, Baptiste, 5 ans, entre dans la cage aux lapins pour leur donner des endives. "Ne cours pas, ne le brusque pas de trop, sinon, il ne viendra pas, le prévient Daphné. Nous ne travaillons pas que des objectifs psychologiques, nous pouvons aussi travailler sur la motricité, la maîtrise de soi ou la concentration avec des enfants."
Au-delà des objectifs qu'elle se fixe avec ses patients, Daphné souhaiterait voir la zoothérapie se frayer un chemin pour être, un jour, reconnue comme discipline au même titre que l'hippothérapie. "L'hippothérapie a beaucoup de succès chez nous mais la taille des chevaux ne permet pas de tout faire. Les plus petits animaux offrent d'autres possibilités. Je peux, par exemple, proposer des soins à domicile, en prison ou à l'hôpital."
Cette pratique est nettement plus répandue en France ou au Canada. Reste à voir quel succès elle rencontrera chez nous.
www.centredezootherapie.be.
