Tellin : Francis Hardy, un homme d'écriture
Professeur de français à Bure, animateur d'ateliers d'écriture à Marche, auteur de livres scolaires et de nouvelles, Francis Hardy est décédé.
- Publié le 29-04-2014 à 07h00

Francis Hardy est décédé à l'âge de 62 ans des suites d'une longue maladie. Il était né à Longvilly et était originaire de Bourcy (Bertogne) où son père avait été facteur.
Francis Hardy était passionné par l'écriture. Il était sorti de l'ISMA à Arlon avec son diplôme de régent en français. Après un tour dans l'enseignement, du côté de Tournai, il avait repris des études à Namur et à Leuven pour décrocher ce qu'on appelait à l'époque une licence (Master) en philologie romane. Il n'avait pas encore remis son mémoire qu'il avait déjà trouvé une place de professeur de français au collège d'Alzon à Bure (Tellin) succédant ainsi, en 1980, au père Michel, une véritable institution au sein de l'école, de par ses qualités de lettré.
Le défi était énorme et Francis Hardy l'a relevé de magistrale manière, étonnant ses élèves par la finesse de son analyse, sa volonté de sortir des sentiers battus et explorer la langue française de façon révolutionnaire pour l'époque: nouveau roman et Alain Robbe-Grillet, théâtre décalé de Boris Vian, le schéma de Greimas et son modèle actantiel, une étude surprenante des Pas de Paul Valery, etc.
Le premier metteur en scène d'Olivier Gourmet
Francis Hardy avait codirigé avec Christian Robinet, la collection de livres scolaires pour le cours de français, éditée par Van In et intitulée De Cap en Cap. Il avait participé à l'écriture de ces livres scolaires de 1994 à 2001.
Passionné par la technique de l'écrit, il avait dirigé aussi des ateliers d'écriture à la Maison de la culture de Marche entre 2000 et 2006. "Il avait d'ailleurs décroché le premier prix de la nouvelle en 2010 avec un recueil consacré à la femme aux éditions Weyrich", note encore Christian Robinet.
Homme de lettres, mais aussi de théâtre, il avait été le premier metteur en scène d'Olivier Gourmet au collège d'Alzon. Perfectionniste, il s'était entouré, au fil des années, de professionnels comme par exemple André Deflandre, du théâtre national.
Francis Hardy a enseigné le français dans les classes de 4e , 5e et rhéto du collège d'Alzon jusqu'en 1997, date à laquelle il part à Bruxelles à la commission d'homologation.
Voici cinq à six ans, lors de la dissolution de cette commission, il était passé au Jury central, toujours à Bruxelles, où il a terminé sa carrière en juin dernier.
Ses amis parlent tous de sa rigueur intellectuelle, de son intégrité et de son honnêteté.
Ses funérailles se dérouleront à Tellin, demain à 14h30.
