Elio Di Rupo sur Canal +: "En Belgique, l'homosexualité n'est un problème pour personne"
Ce dimanche, Elio Di Rupo était l'invité de l'émission "Supplément politique" de Canal +. L'occasion pour le Premier ministre d'aborder diverses questions de société, avec humour.
- Publié le 07-04-2014 à 10h25
Dimanche 6 avril, notre Premier ministre était l'invité de l'émission "Supplément politique" de Canal +. Décontracté, Elio Di Rupo a répondu aux questions et aux demandes de comparaison France/Belgique de la journaliste Maïtena Biraben.
Les Belges plus cools que les Français
"Sommes-nous très différents? Les Belges et les Français", lui demande-t-elle. "Nous sommes des peuples frères, répond Elio Di Rupo. Mais je pense que du côté belge on est beaucoup plus cools, on a ce sens du compromis permanent et la volonté de faire avancer le pays malgré toutes une série de difficultés."
Sur le mariage gay (légalisé chez nous depuis 2003) le Premier ministre explique que les Belges "ne comprennent rien aux manifestations françaises. Car vous êtes le pays de la liberté et quand on fait le mariage pour tous, on n'oblige personne à se marier avec qui que ce soit. On ouvre un nouvel espace de liberté, qu'on utilise ou pas. Chez nous, il y a une grande maturité démocratique à cet égard. Et nous avons regardé toutes ces manifestations en se demandant si cela se passait vraiment en France".
"En Belgique, l'homosexualité n'est un problème pour personne"
Lorsqu'il explique qu'en Belgique, l'homosexualité n'est un problème pour personne, Maïtena Biraben demande à Elio Di Rupo pourquoi, au début, il se rendait chez le roi avec une copine. "Vous entrez dans la vie privée mais je veux bien vous répondre, répond-il. J'ai vécu avec une fille durant très longtemps. Je n'ai jamais emprunté qui que ce soit pour aller chez le roi, encore heureux. Ma vie est ma vie mais je veux que ce soit une honnêteté, une intégrité absolue. Il faut qu'il y ait une cohérence entre ce que l'on dit, ce que l'on fait et ce que l'on est."
En parlant de l'interruption volontaire de la grossesse, du mariage gay et de l'euthanasie, Elio Di Rupo explique que les Belges sont "une population qui vit avec énormément de degré de liberté".
"Les politiques sont les mêmes en France et en Belgique"
Alors qu'elle tente de faire parler notre Premier ministre sur le remaniement du gouvernement français et sur la fin du jumelage de deux communes belges avec deux municipalités françaises passées au FN, la journaliste se heurte à un pro de la communication: "Je vois que les politiques sont les mêmes en France et en Belgique, quand vous ne voulez pas répondre, vous ne voulez pas répondre". "Et quand vous vous insistez pour poser la question, vous insistez quand même. Nous sommes donc à parts égales", répond Elio Di Rupo, sourire aux lèvres.
Maïtena Biraben conclura son entretien en abordant la question des grandes fortunes françaises s'exilant en Belgique.
Question qu'Elio Di Rupo éludera également avec élégance.
La Belgique, un pays "totalement ingouvernable"
Après avoir abordé différentes questions de société, le Premier ministre s'est retrouvé en face à face avec Nicolas Demorand, ancien rédacteur en chef de Libération. Pour ce dernier, la Belgique, c'est: 541 jours pour faire un gouvernement, une montée des partis populistes et une profonde défiance à l'égard de l'Europe. "Ce modèle est-il celui que l'on va voir exploser dans quelques semaines lors du scrutin européen?", s'interroge-t-il.
Répondant avec humour, Elio Di Rupo a insisté sur la stabilisation de notre pays et de son unification. "J'ai fait le maximum pour réunir notre pays, explique-t-il, pour le stabiliser. Aujourd'hui, nous espérons pouvoir continuer cette stabilisationaprès les élections. La grande majorité des Belges ne veut pas qu'il y ait un délitement de notre pays."
Elio Di Rupo a ensuite critiqué les mesures européennes pour répondre à la crise. "Il faut changer. L'Europe doit être beaucoup plus proche des citoyens, déclare-t-il. L'Europe doit permettre qu'il y ait des investissements. Ca ne peut pas être uniquement l'Europe de l'austérité." Il a ensuite vanté les qualités du parti socialiste à être justement enraciné dans la population. "Nous sommes au cœur même des citoyens pour éviter d'avoir ces phénomènes de rejets qui vont vers les extrêmes", conclut-il.
