Belgique : deux fois plus de femmes excisées en cinq ans

Le nombre de femmes excisées a doublé en 5 ans en Belgique.Pour y remédier: deux centres hospitaliers de références.

J.De.

En cinq ans, le nombre de femmes excisées a doublé dans notre pays. La ministre de la Santé Laurette Onkelinx a décidé d'endiguer le phénomène et annonce des mesures.

D'après une étude réalisée par deux chercheuses de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers, 13 112 femmes sont excisées en Belgique. En 2008, une étude similaire en dénombrait environ 6 000. Le risque d'excision a lui aussi doublé en cinq ans. Aujourd'hui, plus de 4 000 femmes courent le risque d'être excisées.

Certaines nationalités sont plus concernées: les femmes guinéennes sont les plus menacées (5 872 femmes). Suivent ensuite celles qui proviennent de Somalie (1 698) et d'Égypte (1 134).Pour Fabienne Richard, une des deux chercheuses, cette augmentation est due à la prise en compte de nouvelles données et à " l'arrivée de femmes originaires de pays où l'excision est traditionnellement répandue , ainsi que la naissance d'une deuxième génération dans ces communautés."

Depuis 2001, l'excision, tout comme le fait d'encourager ou de faciliter l'acte, est punie pénalement. Malgré tout, les chiffres restent alarmants.

C'est pourquoi, la Ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, a annoncé, mercredi, la décision de l'INAMI de reconnaître deux centres de références pour proposer une prise en charge globale (psychologie, chirurgie, sexologie…).

Prévention et soutien

Ces deux centres, l'UZ Gand et le CHU St-Pierre, recevront un financement annuel de 500 000 euros. Cette somme servira à prendre en charge environ 200 femmes, dès le 1er mars 2014. Leur mission: proposer un soutien médical, psychologique et social aux bénéficiaires et de leur fournir les soins médicaux appropriés. Les centres auront aussi un rôle d'information et de sensibilisation, en fournissant aux femmes des informations complètes.

Pour la ministre de la santé, " il s'agit d'un premier pas important pour que ces femmes mutilées puissent retrouver un peu de dignité, d'intégrité et, dans la mesure du possible, d'atténuer les souffrances tant physiques que psychologiques que cette mutilation leur fait endurer".

Former les professionnels

Laurette Onkelinx a précisé que des formations spécifiques sont organisées pour les professionnels: "Les professionnels sont peu préparés. La diffusion d'informations et la formation des différents acteurs est donc absolument indispensable si nous voulons prendre dignement et efficacement les victimes en charge. "

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