Clément ou la passion du bois
Nominé au Godefroid jeune avec Gwendoline Spies et Kathleen Guérisse, Clément Brilot, d'Aye, est passionné par le bois depuis l'enfance.
- Publié le 04-10-2013 à 06h00

À 7 ans, Clément Brilot a commandé une foreuse sur colonne à saint Nicolas. "La famille s'est cotisée et, le 6décembre, elle était là", se souvient le jeune homme aujourd'hui âgé de 18 ans, qui vit à Aye (Marche-en-Famenne) et étudie à Liège.
C'est probablement en forant ses premiers trous que Clément a été séduit par les inépuisables ressources que procure le bois à celui qui l'aime et l'honore. À 12 ans, Clément Brilot acquiert une scie à chantourner. La passion prend tournure. L'adolescent découpe ses premières figures de bois et passe des heures, à la cave, où il installe son atelier, à "faire de la dentelle à la scie sauteuse", sourit-il en se souvenant de ses premiers succès : "Au Marché aux oiseaux de Marche, j'avais installé un stand à côté de celui de mon père. Et mes pièces se sont aussi bien vendues que ses oiseaux."
Un Christ en croix et un Christ en gloire
Au fil du ciseau qu'il maîtrise bientôt parfaitement, au même titre que la gouge et le maillet, Clément se familiarise aux essences locales comme exotiques. Ébéniste autodidacte qui a aussi appris de ses pairs sur les marchés artisanaux qu'il fréquente désormais, Clément Brilot travaille le chêne comme le tilleul, le wengé comme le padouk. À l'institut Saint-Roch, où il a choisi la menuiserie, il découvre tous les secrets des portes, des châssis et des escaliers.
Après l'école, dans son atelier, le jeune artiste se consacre plutôt à la sculpture. D'une pièce de tilleul, il fait jaillir ainsi un Christ en croix. "Le curé de Warempage (LaRoche), où mes grands-parents maternels sont paroissiens, est venu me trouver et m'a proposé cette commande, que j'ai bien sûr acceptée, tant elle sort de l'ordinaire."
Aujourd'hui, la statue domine le chœur de l'église ardennaise et Clément a réalisé un second Christ, en gloire celui-là, pour l'église de Wéris (Durbuy). Ce qui ne l'a pas empêché de s'atteler à un escalier et à un sauna. " C'est aussi pourquoi je me suis décidé pour l'architecture, que j'étudie à l'Université de Liège, explique Clément. J'aimerais bien me spécialiser dans les bâtiments à ossature en bois." Le bois, auquel le jeune Marchois revient toujours, sous les tours et détours les plus inattendus, depuis ses 7 ans.
