La STIB parie sur le bus 100% électrique
La STIB doit agrandir son réseau. Et absorber toujours plus de passagers. Son futur sera 100 % électrique. Mais les technologies ne sont pas encore prêtes.

- Publié le 31-05-2013 à 10h40

De loin, c'est un tram. Il est profilé, le museau en forme d'œuf. Court sur pattes, ses portes sont au niveau du sol et il s'articule sur sa longueur comme un insecte. Mais en se penchant sous son ventre, on aperçoit des pneus. Car ce "tram" est en réalité un bus que le concepteur belge Vanhool a présenté au salon de l'Union Internationale des Transports Publics (UITP), rassemblement mondial bisannuel qui s'est tenu à Genève du 26 au 30mai.
"Ce modèle hybride allie le confort d'un tram à la mobilité et à la rapidité d'un bus", assure Dirk Snauwaert, porte-parole de Vanhool. "Surtout, il constitue une bonne alternative pour les opérateurs dont le budget rétrécit en temps de crise. Car il nécessite moins d'infrastructures qu'un tram ". Metz, en France, s'est dotée de 27 véhicules. Barcelone, Genève, Parme, Luxembourg et Malmö aussi ont embarqué.
"Le tram, c'était ringard"
À Bruxelles, le réseau STIB en manque criant de capacité pourrait être séduit par le concept. "Le problème avec ce bus, c'est sa taille. Il ne peut circuler que sur de grandes artères ou sur des sites propres. Pas question de le voir dans la chaussée d'Ixelles. Autant dès lors mettre un tram, même plus cher", nuance Jean-Michel Mary, directeur des relations institutionnelles de la STIB dont 40% du parc de bus articulés roule en Vanhool.
"Ceci dit, il y a 20 ans, on a voulu arrêter le développement des métros et trams à Bruxelles. Le tram, c'était ringard", continue Mary. "Voir ce bus qui imite sa forme prouve son retour en grâce. Dans l'opinion publique et chez les politiques, d'ailleurs, les aménagements du tram sont mieux perçus que ceux des bus, jugés plus bruyants et polluants".
Car le transport en commun de demain doit verdir. Mais le hic donc, c'est que le tram est beaucoup plus cher. À l'achat et à la maintenance. La STIB doit dès lors trouver des solutions transitoires pour gonfler sa capacité et absorber ses 6% de croissance annuelle en nombre de passagers, tout en lavant plus blanc.
"Le bus de demain est 100% électrique", martèle Brieuc De Meeuws, Directeur Général de la STIB. "Mais la technologie n'est pas suffisamment mûre pour Bruxelles". La STIB s'en est convaincue à l'automne avec le test d'un bus électrique chinois dont le poids dans les vallons du réseau bruxellois restreignait son autonomie à moins d'une journée. Le prototype devait donc repasser au dépôt plusieurs fois par jour pour recharger ses batteries, ce qui est incompatible avec les exigences de fréquences de la STIB. La solution pourrait venir de l'induction, mais cette technologie est encore trop chère et trop peu connue que pour gravir les pentes du Mont des Arts.
172 bus diesel
"Nous privilégierons dès lors le bus hybride dans un premier temps ", déduit Brieuc De Meeus. Le contrat de gestion de la STIB engage en effet l'opérateur à opter pour l'hybride dès 2015. Dans l'immédiat cependant, ce sont encore 172 bus diesel qui grossiront le parc bruxellois. L'électrique arrivera plus tard. "Avant de faire le pas, nous attendons notamment le retour d'expérience de Barcelone", précise le directeur général.
Mais la vraie solution pour Bruxelles et son marché en croissance continue, c'est renforcer son ossature globale par l'intermodalité. "Le réseau métro et tram doit être intelligemment complété", assure Jean-Michel Mary. "L'avenir, c'est l'extension du métro nord, qui est actée. Ensuite, on ira vers Uccle. Les études prendront beaucoup de temps. Mais le bus, même plus vert, n'est qu'un pari transitoire."
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