Chemins de St-Jacques de Marcel Lucas
Marcel Lucas, un nom dans le domaine de la peinture. L'ancien citoyen de Feschaux figure parmi les plus grands. Ses chemins de St-Jacques, un régal
- Publié le 30-03-2013 à 06h00

Si la froidure persiste, voire qu'il neige et que vous ne savez pas prendre un bon bol d'air, au long de ce long week-end pascal, il y a en ce moment au CCRD une exposition de très haute qualité. Elle est consacrée aux chemins de St-Jacques à partir d'œuvres picturales du maître Marcel Lucas. Maître parce qu'il l'était dans son art, maître aussi parce qu'il a été professeur de dessin à l'école normale moyenne de l'Institut St-Berthuin, de Malonne. Exigeant, minutieux mais qui savait faire passer ses idées et son art. Tant en peinture qu'en céramique, d'ailleurs.
Le président du CCRD, M De Reytere le disait en accueillant le nombreux public du vernissage, Le cycle des expositions des œuvres de Marcel Lucas se renouvelle tous les dix ans, depuis une trentaine d'années. Cette fois, l'exposition qui s'étendra jusqu'au 21avril est organisée avec la collaboration de la Fondation Marcel Lucas et elle rassemble 18 œuvres. Sur la route qui l'a conduit, au terme de sa vie (il est mort en octobre 2010 à l'âge de 86 ans) à St-Jacques de Compostelle, l'artiste a été plus que séduit par les nombreuses abbayes, basiliques, cathédrales qu'il a visitées. Il pouvait les peindre comme elles apparaissent aux yeux de tous: des joyaux de l'art roman le plus souvent. Ou comme il a habitué précédemment: en insistant sur l'architecture des bâtiments. Non, Marcel Lucas les a peintes comme il les voyait, lui. De chacune ressortent des détails architecturaux qui font qu'au travers des entrelacs et autres particularités bien personnelles de l'homme dont la Foi se trahit ainsi on peut nommer le monument qui est à l'origine de l'œuvre. Le thème de l'exposition le dit bien: mes chemins de St-Jacques. Pas ceux de n'importe qui, ceux d'un artiste dont les coloris épatent et étonnent et dont les œuvres sont aussi des louanges. José Mespouille a bien traduit les émotions ressenties par l'artiste, lors de la présentation qu'il a faite de cette exposition.
De Vezelay à St-Jacques
Ce qui frappe au premier abord c'est la perspective que les œuvres dégagent. Encore plus fine, peut-être à propos de la basilique de Vezelay, vaste vaisseau dominant la terre bourguignonne. Tous les autres monuments religieux qui l'ont ébloui sont de la même veine: d'un détail intérieur ou extérieur qu'il accentue apparaît une bâtisse que le peintre veut sublimer. Au Puy-en-Velay, il est frappé par le mouvement que lui semble imprimer autour d'elle la chapelle de St-Michel -d'Aiguilhe, à Rocamadour, le caractère ascensionnel de la rampe de pierre grise menant vers les hauteurs de la ville, à l'abbaye de Conques, la majesté des clochers, à St-Guilhem-le-désert, la lumière baignant l'abbaye et qu'il traduit en couleurs chaudes… Ainsi en ira-t-il aussi de la méridionale St-Bertrand-de-Comminges, de la pyrénéenne St-Gervais, de Lectoure sans oublier la cathédrale de St-Jacques.
