Amanda Lear : "On ne se mesure pas à De Funès"
Le public belge avait déjà pu l'applaudir dans "Panique au ministère ". Il retrouvera Amanda Lear dans "Lady Oscar". Un vaudeville dans toute sa splendeur.
- Publié le 25-10-2012 à 11h11

Elle n'avait peut-être que quelques répliques à prononcer dans Panique au Ministère. Mais ça a été une vraie révélation. Pour Amanda Lear elle-même, pour le public qui l'adore mais aussi pour les critiques, conquis par le dynamisme dont faisait preuve la "tempête" blonde. L'ancienne égérie de Salvador Dali jubile, ne cache pas sa satisfaction d'avoir cloué le bec à ses détracteurs et dans la foulée, clame son amour pour les planches. "Pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de monter sur scène? Aujourd'hui encore, je me le demande", répète-t-elle à l'envi.
Pour sa deuxième incursion au théâtre, Amanda Lear se voit confier le rôle principal de Lady Oscar, adaptation moderne de l'œuvre la plus célèbre de Claude Magnier. Du théâtre de boulevard dans toute sa splendeur. Louis De Funès a cédé sa place à la reine du disco. Bertrand Barnier, son personnage, à Clara Barnier pour une version au féminin d'Oscar.
"Clara est une femme autoritaire, tyrannique et insupportable à qui il arrive plein de malheurs", sourit Amanda Lear. Depuis que son comptable lui a annoncé un beau matin qu'il comptait épouser sa fille, l'ancien top modèle accumule en effet les tuiles. Entre autres coups du sort, le départ de son assistante et le vol d'un beau paquet d'argent. Un rôle sur mesure pour la Française qui lui a été servi sur un plateau d'argent par Guillaume Mélanie.
"Je n'ai pas voulu revoir la prestation de Louis De Funès avant de me lancer dans l'aventure, confie la comédienne et chanteuse. Car on ne peut tout simplement pas se mesurer à un tel acteur. Cependant, je me suis aperçue que le personnage qu'il incarnait pétait constamment les plombs et en voulait à la terre entière. On retrouve son côté irascible et colérique chez Clara!"
Présente également dans Lady Oscar la mécanique qui fait tout le sel de la pièce de Claude Magnier. Les quiproquos, les équivoques et les malentendus s'enchaînent à vitesse grand v. Et les valises sont toujours interverties en douce, comme dans l'original. Normal, les héritiers de l'auteur ont veillé à ce que l'adaptation comprenne ces différents éléments. "Mais pour le reste, on avait carte blanche. L'action se déroule ainsi dans le milieu de la mode. Où les peaux de vache ne se comptent plus", éclate de rire la "Grosse tête".
Amanda Lear est connue pour sa franchise. Partagerait-elle des traits de caractère avec son personnage. "Dans la vie, je ne suis pas du tout comme ça, s'insurge-t-elle. Clara n'arrête pas d'insulter son entourage. Moi par contre, je ne crie jamais, j'intériorise et je rentre ma colère. Ce n'est pas bien, ça donne des boutons (rires). Mais il est vrai que comme elle, j'essaye d'être séduisante et que j'accorde une grande importance au look."
La septuagénaire n'a rien perdu de son sex-appeal. Se déshabiller sur scène et apparaître en body devant plus de 1000 personnes? Même pas peur. "C'est un peu gênant. Mais en même temps, durant cette scène, je sens un bruissement dans la salle. Les femmes se demandent quel âge je peux bien avoir. Tandis que les hommes pensent que… je suis plutôt bien foutue."
Avec le théâtre, la belle se sent en tout cas transformée, elle a appris à mieux poser sa voix. Mais ne manque pas d'humilité: "Oui, j'ai fait des progrès mais je ne suis pas encore prête pour me lancer dans un one-woman-show, rigole la chanteuse. L'important, c'est d'être entourée par de bons comédiens." Et sur cette scène, il y a effectivement du beau monde. Comme Cyrille Eldin et Nadège Beausson-Diagne.
"Lady Oscar", une pièce de Guillaume Mélanie, avec Amanda Lear. Le 7/11/2012 au Théâtre Saint-Michel à Bruxelles et le 19/04/2013 au palais des Beaux-Arts à Charleroi. Infos & réservations: 0900/00 600 - www.theatrales.be
