Et si demain la Ville perdait la main sur la gare?
L'association Namur 80 invitait vendredi les Namurois à s'exprimer sur le projet d'aménagement du quartier de la gare.
- Publié le 09-01-2012 à 07h00

L'enquête publique sur le périmètre de remembrement urbain du quartier de la gare se termine vendredi. "Profitez des derniers jours pour vous faire entendre", dit en substance Namur 80, autour du slogan "Massacre à la tronçonneuse". La formule à la Tobe Hooper cibl e évidemment la disparition programmée du square de l'Europe unie, ce petit parc à deux pas du C & A planté sur les anciennes fortifications de la ville et qui, dit l'association, représente un poumon vert non négligeable (5 935m2) dans le quartier. Las: excepté un Gingko Biloba qui pourrait survivre, tous les autres arbres, dont plusieurs bicentenaires, doivent disparaître au profit du centre commercial de City Mall .
Si la Ville perd la main…
Le sacrifice de cet îlot végétal au profit du dieu commerce n'est cependant pas la seule critique que Namur 80 oppose au projet de la majorité qui, rappelons-le, concerne aussi le déménagement de la gare des bus vers la dalle SNCB.
L'association critique dans une même démarche quelque peu paradoxale à la fois la procédure même de PRU (lire par ailleurs) et son manque d'ambition. Le PRU, un outil dangereux ? "Oui, dit Franz Bodart, dès lors que, une fois le PRU approuvé par le Gouvernement wallon, c'est la Région et elle seule qui aura le pouvoir de délivrer les permis d'urbanisme." Crainte de Namur 80: que la Ville perde la main sur le futur.
Manque d'ambition ? Namur 80 déplore que le périmètre aujourd'hui concerné par l'enquête publique n'englobe pas notamment les terrains de la SNCB le long du Boulevard Mélot, où des projets urbanistiques sont pourtant projetés dans le futur, le boulevard du Nord (Bomel est directement concerné par la revitalisation du quartier gare), mais aussi le boulevard Cauchy, dans l'axe: la zone est elle aussi sujette à changement, avec l'installation d'un nouveau palais de justice et l'arrivée le long des voies du chemin de fer de trois bâtiments abritant les archives de l'État et un millier de fonctionnaires régionaux. "Le saucissonnage du PRU tel que proposé, c'est du travail à la petite semaine", conclut l'association, qui regrette dans la foulée que le document ne soit accompagné d'aucune étude d'incidences qui analyserait certaines alternatives, en termes de mobilité notamment.
"Nous ne sommes pas contre le projet", dit Namur 80. Qui ajoute pourtant quelques instants plus tard: "la destruction programmée du quartier sera bien plus importante que lors des bombardements de 1945".¦
