Il y aura de l'argent pour la nouvelle gare des bus à Namur
André Antoine aurait laissé entendre que les 50 millions € pour la nouvelle gare des bus sur la dalle SNCB étaient remis en question ? Il n'en est rien.
- Publié le 23-12-2011 à 07h23

Cela s'appelle juste de la communication politique. Subtile (peut-être) et prudente (sûrement). Le contexte ? Le ministre wallon du budget André Antoine (cdH) a commis quelques déclarations dans les colonnes du groupe Sud Presse (et hier matin en radio), plaidant pour des grands projets publics "low-cost". Sont ciblés: le tram à Liège, la gare de l'aéroport de Charleroi et… le projet d'installation d'une gare des bus sur la dalle SNCB à Namur. Il faut revoir les coûts à la baisse, dit en substance le grand argentier wallon.
Il avait dit oui deux fois
Stupéfaction à Namur. Et pour cause. C'est le même André Antoine qui, en 2008 et alors ministre de la mobilité et des transports, avait proposé avec la Société Régionale Wallonne des Transports (SRWT) le projet multimodal sur la dalle du travel-center namurois de la SNCB-Holding. C'est lui qui avait formulé la promesse formelle de dégager une enveloppe de 50 millions €. Et c'est encore lui, en avril dernier et cette fois comme ministre du budget, qui confirmait l'engagement du gouvernement wallon.
Un haut de ville en question
Stupéfaction et inquiétude. On le sait, le projet de cette nouvelle gare des bus conditionne rien moins que le redéploiement de l'ensemble du haut de la ville (le "Pôle Nord" namurois, via un jeu de dominos complexe mais déjà maîtrisé: la gare des bus actuelle déménageant, l'ensemble de l'îlot de l'Europe Unie peut être transformé en complexe commercial par le groupe CityMall (ex ForumInvest). Si la gare des bus ne déménage plus, c'est tout le schéma qui capote. Et un grand projet de majorité namuroise qui s'effondre. Alors, revirement surprise d'André Antoine, pourtant de la famille politique du bourgmestre Jacques Étienne et de son dauphin Max Prévôt, prétendant au siège mayoral en 2012 ?
Liège doit s'inquiéter
Les choses sont plus simples . André Antoine n'est pas apprécié à Liège. Ses inquiétudes sur le projet de tram liégeois causent quelques crispations dans la Cité ardente. De fait, ce projet de traversée du centre-ville en tram, budgétisé à 500 000€, dépasserait aujourd'hui le milliard. Trop pour Antoine. Qui a néanmoins peur politiquement de s'opposer aux pontes liégeois. Le bourgmestre Demeyer a dit son agacement de revoir "son" projet remis en cause, dans un plan d'urgence qui vise à séduire pour l'Expo 2017, pour laquelle la Cité ardente est candidate. Et Christine Defraigne, sénatrice et conseillère communale liégeoise MR, a lancé quelques torpilles sur le gouvernement wallon et son incohérence. "Si c'est André Antoine qui mène la danse au gouvernement, les Liégeois ont de quoi s'inquiéter." Futé, le ministre a pris ses distances… prenant en otages d'autres projets et d'autres villes, dans le cadre prétexte d'un screening financier des projets publics. Dont Namur. Pas de quoi s'inquiéter dans la capitale wallonne, disent les partenaires du Collège. ¦
