Lors du 3e Forum des Innovations en Éducation, organisé par Schola ULB, Philippe Bekaert, professeur de langues de l'Athénée royal René Magritte de Lessines a été récompensé. Le prix de l'Innovation « École et apprentissage des langues » vient couronner ce projet présenté parmi une trentaine d'autres nominés. Si Philippe Bekaert dédie son prix à ses élèves, « le mérite lui revient entièrement », insiste le Préfet de l'établissement, Joël Godfrin.

Le Lessinois a débuté ce projet il y a six ans sous l'impulsion de Roger Poulain, inspecteur de la Communauté Française, d'abord avec d'autres collègues, puis seul. L'objectif visé était la mise en place de la « pédagogie différenciée », c'est-à-dire un enseignement plus individualisé. C'est par le travail en ateliers que Philippe Bekaert applique ce type de formation.

Travail en ateliers

Quatre ateliers sont disposés à travers la classe. Dès le départ, l'élève est interpellé par ce nouvel espace de travail : une accroche utile... « Cette manière de prendre en charge les élèves pour la première fois est une stratégie ou plutôt une sorte de ruse qui s'apparente à une forme de séduction mais qui suscite incontestablement de la motivation. » Un coin de la classe est réservé aux ordinateurs pour l'atelier expression écrite, un autre aux différents appareils audio qui serviront aux compréhensions à l'audition. Les deux autres ateliers concernent les compréhensions à la lecture et l'expression orale.

À l'heure où sonne le début des cours, les élèves entrent en classe et se mettent directement au travail. Pour Brenda, cette nouvelle forme de travail est concluante : « On peut travailler comme on le souhaite, selon nos difficultés, mais aussi selon nos centres d'intérêts grâce à cette multitude de fiches. L'apprentissage va au-delà de la langue. » Et c'est effectivement un objectif de Philippe Bekaert : « Par le travail en ateliers, les élèves acquièrent une certaine citoyenneté sociale : ils sont aussi responsables du matériel et de l'ordre des fiches, ils travaillent selon les disponibilités du matériel... Ils sont autonomes. Ils sont aussi plongés dans la mixité sociale puisque selon les niveaux, ils peuvent s'entraider. » Investissement en temps

et matériel Les heures de travail accumulées pour mettre en oeuvre ce projet ne se comptent plus : de la recherche de contenus à la réalisation des fiches, en passant par la capture audio des sujets... Philippe Bekaert passe près de deux heures sur chaque fiche. Au-delà de l'investissement en temps, le lauréat a aussi investi en matériel : « les ordinateurs sont de vieux dinosaures récupérés et parfois remis en état de marche... » Il en va de même pour les appareils audio : certains sortis du grenier, d'autres récupérés par ci par là.

Le problème à la mise en oeuvre de tels projets est évidemment pécuniaire. L'établissement scolaire, comme beaucoup d'autres, est soumis à une discipline stricte pour répondre à la faiblesse des budgets alloués à l'enseignement. « On aimerait évidemment pouvoir encourager et aider ces projets mais ce n'est pas toujours possible », déplore le préfet de l'athénée. L'importance d'une ASBL comme Schola-ULB, qui mène des actions en éducation, en particulier dans le domaine de l'innovation et du soutien scolaire, est donc à souligner.