L'enseignante voilée carolo fixée le 14 juin
Un dénouement semble s'entrevoir pour l'enseignante voilée . Absente depuis deux mois, elle a été convoquée par le collège pour le 8 juin.
- Publié le 02-06-2010 à 07h47

Énième remous dans l'affaire Nuran Topal. Cette enseignante de mathématique dispensait ses cours en portant le voile islamique, à l'école de la Garenne notamment. Cette situation a donné lieu à une réaction du Collège, ordonnant à l'intéressée d'ôter son couvre-chef sur son lieu de travail. Mais un arrêt de la cour d'appel de Mons avait contredit la position de la Ville. Après cette décision, l'enseignante avait repris les cours au Centre éducatif communal secondaire de Couillet, toujours voilée.
Lors du conseil communal de mars dernier, l'assemblée avait, à presque l'unanimité, ratifié un nouveau règlement d'ordre intérieur qui réaffirme la neutralité de l'enseignement en interdisant tout port de signes convictionnels aux enseignants communaux. Le règlement s'appuie sur les principes du décret du 31 mars 1994. Nuran Topal a été directement informée des dispositions qu'elle devait prendre. Ce qu'elle a refusé d'accomplir. Depuis lors, elle ne se présente plus aux cours depuis deux mois sans être couverte par un certificat médical.
Ce lundi, Olivier Chastel, chef de groupe MR, a interpellé le bourgmestre, Jean-Jacques Viseur, sur l'absence irrégulière de l'enseignante. Il a cité une lettre de Me Uyttendaele, avocat de la Ville dans cette affaire, adressée aux édiles. " La Ville de Charleroi ne peut laisser perdurer la situation actuelle. D'une part, en admettant que Mme Topal puisse sans motif médical, s'abstenir de donner ses cours. La Ville créerait une situation qui est de nature à l'affaiblir dans le cadre de l'ensemble des procédures en cours. Ce laxisme viendra confirmer la thèse de l'intéressée selon laquelle elle a bénéficié et bénéficie toujours et encore d'une tolérance de la part de l'autorité."
Jean-Jacques Viseur a rétorqué en rappelant le principe de neutralité défendu par le Collège, équivalent à celui de laïcité en France. Au début du mois passé, l'exécutif carolo avait interrogé l'inspecteur général de la Communauté française qui lui donnait la permission de licencier Nuran Topal. Le Collège a convoqué l'enseignante pour le 8 juin et une décision sera prise le 14. " Il y a deux possibilités, lance le bourgmestre. Soit elle accepte les principes du décret du 31 mars 1994, soit elle maintient sa position et nous respecterons l'avis de la Communauté française." Ceci éviterait de donner des arguments supplémentaires à Nuran Topal, sur l'inertie de la Ville, dans le cas d'un recours devant le Conseil d'État.
Rassuré par le mayeur, Olivier Chastel reste tout de même perplexe quant à la lenteur de cette décision après la lettre du Conseil de la Ville. Le délai de réflexion accordée par le bourgmestre à l'enseignante n'a que trop duré.
