Clijsters : "Il y a des victoires mais pas sur les courts"

Kim Clijsters a connu une nouvelle défaite.

Christophe Verstrepen
Clijsters : "Il y a des victoires mais pas sur les courts"
Clijsters s’est inclinée en trois sets face à la Tchèque Siniakova à Indian Wells. Une cinquième défaite en cinq matchs depuis son retour. ©Photo News

Les tentatives se suivent et malheureusement se ressemblent pour Kim Clijsters. Après des défaites contre Garbine Muguruza (Dubai 2020), Johanna Konta (Monterrey 2020), Ekaterina Alexandrova (US Open 2020) et Hsieh Su-Wei (Chicago 2021), la Limbourgeoise de 38 ans a courbé l’échine (6-1, 2-6, 6-2) au premier tour d’Indian Wells face à la Tchèque Katerina Siniakova (WTA 53, 25 ans).

«Il est clair que je n’ai pas bien commencé», a expliqué après sa défaite l’ancienne numéro un mondiale. «Chaque match est un peu une quête. Je dois trouver mon rythme, réapprendre à lire le jeu de mes adversaires, me réhabituer à jouer sur un grand court. Mais progressivement, je suis parvenue à rentrer dans le match. Et j’ai le sentiment d’avoir disputé un bon deuxième set, en la mettant sous pression. Je sentais que je touchais bien la balle, que j’anticipais mieux. Malheureusement, dans le troisième set, j’ai fait plusieurs bêtes fautes qui m’ont coûté cher. C’est dommage, car si j’avais pu gagner ces points et la breaker ici et là, l’histoire aurait pu être différente.»

La régularité, voilà bien une caractéristique qui manque dans le jeu de la Limbourgeoise, capable pendant plusieurs jeux de sortir des coups gagnants comme lors de ses plus belles années puis de connaître des passages à vide avec des balles trop facilement ratées.

«C’est vrai, il y a des périodes de match où je me sens vraiment bien, et d’autres où je suis trop irrégulière», analysait notre compatriote après une rencontre suivie par une poignée de fans et Kirsten Flipkens. «Mais bon, cela fait partie de ce processus. Je sais que cela ne coulera pas de source, que ce ne sera pas un parcours facile, mais je vais essayer de progresser à chaque sortie. Je frappe vraiment bien la balle à l’entraînement, je sers bien également. J’ai disputé des matchs d’entraînement ici et je jouais avec beaucoup de conviction. C’est simplement une question de réussir à transposer ces bonnes choses en match et de réduire au minimum les moments où je m’égare. Je trouve d’ailleurs que comparé au tournoi de Chicago, il y a progrès.»

Qui ne se traduisent pas encore par une victoire sur le circuit principal de la WTA. Mais l’ancienne triple lauréate de l’US Open voit du positif dans son évolution tout en gardant le même amour du tennis.

«Il y a déjà des petites victoires, mais pas encore sur le court, en tournoi», poursuivait la Limbourgeoise dans ses propos. «Il y a eu la revalidation après mon opération au genou, ainsi que des moments où, lorsque je rentrais le soir à la maison après une dure journée d’entraînement, je sentais que j’étais sur la bonne voie et que je trouvais cela chouette. Évidemment, les résultats sont importants mais je sais également que ce n’est pas quelque chose qui coule de source. J’ai eu l’occasion d’échanger avec Andy Murray et c’était bien de l’écouter parler des difficultés qui ont jalonné son retour, du temps qu’il lui a fallu pour se sentir à nouveau bien sur le court avec les frustrations de rater des balles qu’il réussissait autrefois les yeux fermés. Oui, je suis toujours passionnée. C’est la caractéristique principale qui m’anime. C’est la raison pour laquelle je suis tombée amoureuse du tennis et jusqu’à ce jour, c’est quelque chose que j’adore faire. Peu importe que je sois ici sur le court central d’Indian Wells ou que je frappe la balle à la maison dans le New Jersey sur un petit court sous une bulle. Bien sûr, il faut pouvoir accepter que certaines choses que l’on parvenait à réaliser avant ne sont plus aussi évidentes, mais il faut également garder l’état d’esprit de compétiteur. Il faut rester exigeant, sans quoi il n’y aura plus la motivation de se pousser pour progresser et je n’arriverai pas là où j’aimerais être. Mais cet équilibre n’est évidemment pas facile à trouver.»

Et si elle retrouve un niveau tennistique capable de lui offrir une première victoire contre une adversaire du top 100 mondial, l’étape suivante dans le processus sera de voir comment Kim Clijsters est capable de digérer physiquement l’accumulation des efforts. Car qu’elle le veuille ou non, la Limbourgeoise ne possède plus les mêmes facultés physiques qu’il y a dix ou vingt ans.