Safari WRC: Toyota et Kalle Rovanpera quatre à quatre vers les titres

Quatrième succès pour le jeune Finlandais comptant désormais 65 points d'avance sur Thierry Neuville, vainqueur de la Power Stage et toujours deuxième du championnat malgré tout

Olivier de Wilde
Safari WRC: Toyota et Kalle Rovanpera quatre à quatre vers les titres

À 21 ans à peine, Kalle Rovanpera est devenu ce dimanche à Nairobi le plus jeune vainqueur de l'histoire du Safari du Kenya. Le Finlandais a remporté son quatrième succès en cinq courses et compte désormais 65 unités d'avance au championnat. À moins qu'il ne se casse une jambe (et encore), on voit mal ce qui pourrait l'empêcher d'aller cueillir son premier titre mondial en WRC. Vitesse, gestion de course, une Yaris à la fois performante et fiable, le fils d'Harri a tous les éléments réunis pour devenir le grand champion que son pays attendait depuis Marcus Grönholm. Il est clairement de la trempe des Vatanen, Salonen, Kankkunen ou Makinen, mais en nettement plus précoce. Et avec lui on se dit que le record de neuf titres d'un certain Sébastien Loeb n'est finalement pas aussi imbattable. Pour autant qu'il garde la tête sur les épaules et ne suive pas le même exemple qu'Ott Tanak ayant préféré l'argent des Coréens à une carrière en or en quittant les Japonais avec qui il a décroché sa première couronne.

En Afrique, Kalle, un brin souffrant samedi, a réalisé un nouveau sans faute. Son triomphe, 52.8 secondes devant son équipier Elfyn Evans, un parfait second, et une minute quarante-deux devant Takamoto Katsuta signant le deuxième podium de sa carrière là où il avait décroché l'an dernier le premier, a été facilité par les fautes ou la malchance de ses principaux concurrents.

A commencer par Sébastien Ogier, en tête vendredi après-midi avant de perdre deux minutes vingt et une suite à un changement de roue en spéciale. C'est la troisième fois en trois participations que l'octuple champion devenu intermittent perd ses chances de victoire suite à une crevaison. Plutôt que de fustiger Pirelli, il devrait demander conseil à... Rovanpera qui lui gère parfaitement ses gommes italiennes.

Le Gapençais qu'on reverra notamment en Nouvelle-Zélande et au Japon s'est dès lors contenté d'assurer le premier quarté Toyota depuis le Safari 1993 avec les Celica de Juha Kankkunen, Markku Alen, Ian Duncan et Iwase Yasuhiro quatrième à 1h41 devant une Daihatsu Charade cinquième à 3h50. Le dernier quarté tout court datait du Rallye de Bulgarie 2010 avec les Citroën C4 de Sébastien Loeb, Dani Sordo, Petter Solberg et Sébastien Ogier.

Aujourd'hui c'est la Hyundai de Thierry Neuville qui a repris ce rôle de "meilleur du reste" derrière les fantastiques et incassables "Toy".

Mais sans le système de Rally2 permettant de repartir après un abandon et n'existant pas à l'époque, ce serait la Ford Puma du savoureux et passionné amateur grec Jourdan Serderidis, businessman en Belgique assisté de notre compatriote Fred Miclotte, qui occuperait ce cinquième rang.

"Septième devant Loeb, c'est incroyable, même dans mes rêves je n'y songeais pas," s'exclamait à l'arrivée un Jourdan ému. "Merci à mon copilote qui est parfois aussi pilote. Celle-là, c'est pour mon père..."

Une fois encore les WRC coréennes ont multiplié les soucis: levier de vitesses puis transmission cassées pour Ott Tanak, moteur étouffé à deux reprises, courroie d'alternateur, perte de face avant pour Thierry Neuville qui a force d'attaquer pour tenter de rattraper le temps perdu a fini sa course contre un acacia, aveuglé à la sortie d'un bourbier. Il a pu repartir ce dimanche pour décrocher la cinquième place malgré la pénalité de dix minutes pour ne pas avoir achevé la 13ème spéciale (cela ne peut arriver qu'ici) et prendre les dix points plus cinq bonus grâce à son meilleur temps dans l'ultime Power Stage. De quoi préserver et renforcer même encore miraculeusement sa deuxième place au championnat.

Mais il n'a que faire de la perspective éventuelle d'un sixième titre de vice-champion encore loin d'être acquis. "Je ne pense plus au championnat. Ce que j'aimerais aujourd'hui c'est disputer un rallye sans problème," confie le Belge désabusé. On espère que cela pourra être le cas à Ypres mi-août où il remettra en jeu sa victoire à domicile. "Pour le reste, il n'y a pas grand-chose à dire. Je suis déçu, pas que pour moi aussi pour les mécanos dont le travail n'est pas récompensé. C'est frustrant."